mardi 30 juin 2015

THE BEAT ~ The Beat [Debut Album] [1979]


En cette fin des années soixante-dix, on appelait ça de la power pop. La définition tenait en deux formules parfaitement claires : de l'énergie à revendre et des mélodies comme s'il en pleuvait. Après un petit contre-temps en Angleterre où le groupe avait du se rebaptiser The Paul Collins Beat pour ne pas être confondu avec les sympathiques revivalistes ska qui portaient le même patronyme, nos amis purent s'élancer pour de bon. Nous avions connu le Paulo baguettes en mains au sein des légendaires Nerves (supergroupe à l'envers), ici, il s'empare du micro et de la Rickenbaker pour faire jouir les âmes simples qui aiment siffloter des refrains imparables comme au temps béni des early Beatles. A l'heure où j'écris ces lignes, notre homme s'est trouvé des jeunots plein d'allants pour rejouer l'aventure à travers le monde ; c'est donc le moment où jamais de réviser vos classiques et de faire découvrir Rock'n'roll girl à votre fiancé.    
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)   


01 - Rock'n'roll Girl
02 - I Don't Fit In
03 - Different Kind Of Girl
04 - Don't Wait Up For Me
05 - You Won't Be Happy
06 - Walking Out On Love
07 - Work-A-Day World
08 - U.S.A.
09 - Let Me Into Your Life
10 - Working Too Hard
11 - You And I
12 - Look But Don't Touch
13 - There She Goes [Bonus Track]
MP3 (320 kbps) + artwork

lundi 29 juin 2015

LITTLE FEAT ~ Dixie Chicken [1973]


Je me souviens encore de ma découverte du premier album de Little Feat. Dès le premier titre, il fut évident que j'étais en présence d'un groupe ultra cool ! A mes jeunes oreilles, cela sonnait comme une version ricaine des Stones, en plus roots et plus funky. Cette musique n'a pas pris beaucoup de rides et on jurait que Lowell George a monté des rayons de soleil sur sa guitare à la place des cordes. Tout l'album semble couler de source, comme s'il était facile de pousser le groove aussi loin. Les meilleurs plans de la musique américaine se compliquent merveilleusement dans ce chaudron magique. C'est le compagnon idéal pour votre été.
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)          



01 - Dixie Chicken
02 - Two Trains
03 - Roll Um Easy
04 - On Your Way Down
05 - Kiss It Off
06 - Fool Yourself
07 - Walkin' All Night
08 - Fat Man In The Bathtub
09 - Juliette
10 - Lafayette Railroad
MP3 (320 kbps) + artwork


jeudi 25 juin 2015

GREEN ON RED ~ The Killer Inside Me [1987]


Après la révolution punk, les garnements ne respecteront plus rien, instillant du poison dans toutes les vielles recettes : rock'n'roll, blues, folk, country... aucun genre n'était à l'abri... The Killer inside me : emprunter un titre à Jim Thompson pour le coller sur une pochette peut faire très chic, mais mieux vaut assurer, ensuite, si on ne veut pas passer pour un baltringue ! Green On Red (bien aidé par le sorcier Jim Dickinson (Stax, Stones, Big Star, Chilton, Cramps, Replacements...)  à la production) assurait au-delà de toutes nos espérances. On n'avait guère entendu d'orchestre plus flamboyant depuis Television, sauf que celui-ci fantasmait davantage sur Waylon Jennings plutôt que sur John Coltrane. La voix de maniaque de Dan Stuart était cajolée par les arabesques magiques de Chuck Prophet, un prodige qui fabriquait de la poussière d'étoile dès qu'il caressait une corde. Evidemment, les cowboys peinèrent à reconnaître leur canasson et le gros public n'y compris goutte. C'est égal, ce chef-d'oeuvre traumatisant saura brûler les oreilles de ceux qui ne craignent ni la pleine lune ni les nuits d'encre. 
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)

       
01 - Clarkesville
02 - Mighty Gun
03 - Jamie
04 - Whispering Wind
05 - Ghost Hand
06 - Sorry Naomi
07 - No Man's Land
08 - Track You Down (His Master's Voice)
09 - Born To Fight
10 - We Ain't Free
11 - Killer Inside Of Me
MP3 (320 kbps) + artwork

samedi 20 juin 2015

ARTISTES DIVERS ~ Le Rock D'Ici - Volume 16 (par Zimbolin) [HMC. 2015]


Bonjour, je m'appelle Zimbolin, et j'aimerais à mon tour vous présenter une compilation regroupant quelques morceaux de rock d'origine française. Pas de chefs d'œuvres, peu de bonnes chansons, plein de fautes de goût, le cahier des charges est à peine respecté. Si vous vouliez entendre de la bonne musique, c'est raté. Vous pourrez toujours (ré)écouter la compile du Zornophage, c'est la meilleure!
Merci de votre attention,
Zimbolin, 2ème année C.A.P. force de vente (je redouble)


Bon, sans déconner, qu'est ce qu'on trouve dans cette compile ? Ça commence dans une ambiance de western, avec un morceau crédité à Serge Gainsbourg (mais je suis pas sûr de mon coup là), suivi de plein de trucs. Ah bon. Sur certains titres, le texte est scandé à la manière des rappeurs mais, rassurez vous, ce n'est PAS DU TOUT du rap. Ouf ! Les auditeurs attentifs remarquerons qu'on comprend très mal les paroles sur ces morceaux en particulier, la faute entre autre au mixage qui noie les voix, la faute aussi à B James qui n'a pas pris de cours de diction quand il était petit. De toute façon, à chaque fois qu'il y a de la musique, on ne comprend jamais toutes les paroles du premier coup. Et d'ailleurs, souvent, les paroles, on s'en fout. L'encodage a été en partie sponsorisé par Fisher Price, que je remercie chaleureusement.
ZIMBOLIN (Merci d'avance pour vos commentaires !) 


01 - SERGE GAINSBOURG - La Horse
02 - FOREVER PAVOT - Joe & Rose
03 - GENERAL ELECTRICKS - Time To Undress
04 - STUPEFLIP - La Menuiserie
05 - PIZZA - Il Pleut
06 - LEDA ATOMICA - La Marche Infernale
07 - NONSTOP - Idiot Cherche Village
08 - ALLIGATOR - Bloody Mouth
09 - CASEY, B JAMES, SERGE TEYSSOT-GAY, MARC SENS, CYRIL BILLBEAUD - Aiguise-Moi Ca
10 - DIABOLOGUM - La Réincarnation C'Est L'Avenir
11 - ULTRADEMON - Lobo
12 - RIEN - Fantasia Chez Les Ploucs
13 - RADIKAL SATAN - La Vibora
14 - JACQUES THOLLOT - De D.C. Par J.T.
15 - FALL OF SAIGON - So Long
MP3 (Various Bitrate) + front cover
Fier de notre savoir faire avec BM142!

vendredi 19 juin 2015

WAYLON JENNINGS ~ Dreaming My Dreams [1975]


Très jeune, déjà, je voulais tout écouter. Alors, je partais à l'aventure en me fiant aux pochettes. Les disques d'occasion s'échangeaient contre vingt malheureux francs, je ne prenais pas grands risques. La country, cependant, échappa longtemps à ma curiosité. La panoplie de cowboy et l'esprit redneck ne me disaient rien qui vaille... Le Sweetheart of the rodeo des Byrds, dont j'étais très fan, me fit changer d'avis et me poussa vers Gram Parsons, Hank Williams, Johnny Cash et, donc, Waylon Jennings. Si l'homme donne dans le genre, il le fait à sa manière, en le débarrassant de ses oripeaux les plus encombrants. Les livres d'Histoire évoque une outlaw country mais, ici, on pourrait parler de country rêveuse - voire carrément planante ! La voix comme la guitare vous enveloppe comme une caresse, vous prend sous son aile pour vous emmener bien au-delà de Plouc-Ville et de ses lourds clichés ! En reprenant ce joyau dans son intégralité, Chuck Prophet ne s'était pas trompé...
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)        

  



01 - Are You Sure Hank Done It This Way
02 - Waymore's Blues
03 - I Recall A Gypsy Woman
04 - High Time (You Quit Your Low Down Ways)
05 - I've Been A Long Time Leaving (But I'll Be A Long Time Gone)
06 - Let's All Help The Cowboys (Sing The Blues)
07 - The Door Is Always Open
08 - Let's Turn Back The Years
09 - She's Looking Good
10 - Dreaming My Dreams With You
11 - Bob Wills Is Still The King [Live]
MP3 (320 kbps) + front cover
Dreamland with BM141

mercredi 17 juin 2015

Pour la beauté du geste (feuilleton électrique) par Jimmy Jimi # 90


90. ONE MORE CHANCE [NICO]

   Richard arrivait toujours le dernier aux répétitions – et dans des tenues aussi flamboyantes qu'au premier jour : il ne nous épargna rien, ni les gilets aux motifs jacquard ni les biens nommés mocassins à glands ! Non seulement, il trouvait toujours mieux à faire que de passer ses soirées avec nous, mais il allait se réfugier entre les bras de sa copine dès que nous faisions une pause. Nous ne l'avons jamais entendu émettre le moindre avis et lorsque l'un d'entre nous soumettait une suggestion sur son chant, il se contentait du même : « D'ac', je vais essayer. » C'était alors la mode des boîtes à rythmes, Mizanu, lui, possédait une boîte à voix. Elle se mettait en branle au premier coup de cymbale et s'arrêtait net à dix-neuf heures, même si nous étions au beau milieu d'une chanson.
   J'ai toujours eu une vision très romantique du groupe – genre : « à la vie à la mort, un pour tous et tous pour un », au point que je pense qu'un groupe devrait changer de nom lorsqu'il perd un de ses membres. Même avec un chausse pied, Richard ne serait jamais entré dans cette vision. Les Trois Mousquetaires étaient quatre, ce qui est toujours bon pour l'effet de surprise ; de notre côté, nous ressemblions à une équipe de football s'apprêtant à entrer sur la pelouse sans gardien de but ! Je m'éclatais chaque fois davantage avec ma collection de percussions, mais ce type, malgré sa voix de velours, me ramenait sans cesse vers l'odeur de mon grand rêve calciné...
   A force de répéter sans chanteur, nous étions plus qu'en place, et – il faut bien lui reconnaître quelque qualité –, Richard ne mis pas plus de deux ou trois répétitions pour se mettre au diapason. Sa gestuelle était inexistante, il possédait autant de charisme qu'un hérisson écrasé sur une autoroute mais, vocalement, il était irréprochable.
   Forcément, le parfum capiteux des planches sacrées commença sérieusement à nous monter au cerveau, le mot concert était de toutes les discussions, et même Richard semblait frémir en l'entendant. Las, l'heure des révisions du Bac de français sonna que notre dadais ne parvenait toujours pas à retenir les paroles de huit « malheureuses » chansons. Sans mes feuillets, on aurait dit un « poussin cherchant son omelette » ! Isidore en profita pour revenir à la charge et réclamer l'éviction du bafouilleur, mais mes amis kamikazes ne sentaient pas le vent tourner, la voix de l'étrange petite sirène les avait expédiée dans l'engourdissement, et ils pleurnichèrent pour une nouvelle chance ; l'oisillon finirait bien par tomber de son nid avec mes paroles dans le bec.


   Pour la première fois depuis la sixième, la bande avait été séparée : nous aurions peut-être du y voir le début d'un signe, mais je n'ai jamais su quoi en faire quand j'ai pu en apercevoir un... Isidore craignait que Richard nous conduise dans le mur et moi qu'il nous emmure vivant... Crois-t-on vraiment que tout peut s'arranger comme par enchantement ou est-on seulement lâche ? J'avais honte que le nigaud fasse soit disant parti du groupe, honte qu'il chante mes textes, honte que mes amis puissent se satisfaire d'une boîte à voix et, surtout, honte de mon silence, mais j'avais peur de passer pour le méchant jaloux, l'empêcheur de jouer en rond... 


lundi 15 juin 2015

PATTY WATERS ~ Patty Waters Sings [1965]


Voilà ce qu'on appelle un disque culte, c'est à dire un album possédé par un nombre restreint de fans, mais que ceux-ci chérissent comme peu d'autres. Soutenue par le seul délicat piano de Burton Greene, la toute jeune Patty Waters (découverte quelques mois auparavant par le génial Albert Ayler) avance telle une funambule sur le fil d'un rasoir. Notre amie pourrait être considérée comme le versant blanc de l'immense Billie Holiday. Les deux divines divas n'hésitant jamais à puiser au cœur même de l'émotion et sans fausses pudeurs. Sobres au point d'en devenir fragiles, les chansons vous ouvrent l'âme comme on déchire une chemise ! Rarement, un disque aura offert une mise à nu aussi bouleversante. Sensible à l'extrême, l'album s'achève dans une apothéose totalement libérée où la voix se déchire pendant un quart d'heure d'éternité. Un disque de chevet. Un grand.
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)    

  


01 - Moon, Don't Come Up Tonight
02 - Why Can't I Come to You
03 - You Thrill Me
04 - Sad Am I Glad Am I
05 - Why Is Love Such A Funny Thing
06 - I Can't Forget You
07 - You Loved Me
08 - Black Is The Color Of My True Love's Hair
MP3 (320 kbps) + artwork

vendredi 12 juin 2015

IKE & TINA TURNER ~ Workin' Together [1970]


Les prodiges sont rarement de gentils garçons. Toute son existence, Ike Le Magnifique a traîné une réputation de tyran. La perfection ne s’acquière pas en enfilant des perles. Ike était un maniaque et ça s'entend. Jamais personne n'a trouvé un aussi subtile dosage entre rhythm'n'blues, soul et rock, et nul n'a su offrir un équilibre plus merveilleux entre prouesses techniques et rendus émotionnels. La pauvre Tina fut peut-être secouée un peu fort, à quelques occasions, n'empêche qu'après avoir fuit son homme aucune de ses chansons n'arrivera aux doigts de pieds (la cheville était beaucoup trop haute) des splendeurs d'antan. Les originaux comme les reprises (combien se sont attaqués aux Beatles ou à Creedence en réussissant à leur mettre une telle ratatouille ?!) frappent au cœur de la cible au millimètre près sans que la forme ne réduise l'impact phénoménal du fond. Rarement une musique aura été si totalement aphrodisiaque ! Les extraordinaires giclées de guitares, les feulements extatiques de la belle, les contrepoints sournois des divines Ikettes : tout ici hurle au génie érotique ! Sur la sublime pochette, on voit que le couple maudit n'est pas là pour rigoler, non, il est venu pour jouir : c'est autrement important ! Ce disque est de la fièvre coulée dans la cire, si vous ne l'avez pas, c'est qu'il y a un truc qui déconne méchamment dans votre discothèque !
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)

             
01 - Workin' Together
02 - (As Long As I Can) Get You When I Want
03 - Get Back
04 - The Way You Love Me
05 - You Can Have It
06 - Game Of Love
07 - Funkier Than A Mosquita's Tweeter
08 - Ohh Poo Pah Doo
09 - Proud Mary
10 - Goodbye, So Long
11 - Let It Be
MP3 (320 kbps) + artwork



jeudi 11 juin 2015

CLAUDE DEBUSSY ~ Pelléas et Mélisande (solistes, Wiener Philharmoniker, dir. Claudio Abbado) [1992]


Cherchant son chemin, le prince Golaud a trouvé, perdue dans la forêt, Mélisande en pleurs au bord d’une fontaine. Il a épousé cette femme énigmatique - on ne sait "ni son âge, ni qui elle est, ni d’où elle vient" - et il l’a amenée en Allemonde, royaume de son grand-père, Arkel. Pelléas, le demi frère de Golaud, va découvrir l’amour avec Mélisande. Ils y perdront la vie. Torturé par la jalousie, Golaud assassine Pelléas. Mélisande s’éteint après avoir donné naissance à une fille…


Mélisande, emperruquée et entreprenante, plaquée et pratiquement violée par son mari contre une Jaguar, animal sombre rodant sur le plateau; Golaud, le mari, emmenant Pelléas, l’amant, en virée nocturne et le poussant à la débauche… il n’en fallait pas davantage pour déclencher des huées à l’apparition du metteur en scène, Christophe Honoré (le cinéaste) à l’issue de plus de trois heures d’une représentation de Pelléas et Mélisande de Claude Debussy à l’Opéra de Lyon, vécue dans la perplexité d’abord, l’agacement ensuite, une émotion poignante enfin.















"Il est midi, j'entends sonner les cloches et les enfants descendent vers la plage pour se baigner. Tiens, voilà notre mère et Mélisande à une fenêtre de la tour" : sur la scène, nulle tour, nulle plage, pas de cris joyeux d’enfants, mais une rue triste plongée dans la nuit. Le royaume d’Allemonde, celui des forêts profondes et des eaux mouvantes ? Réduit à un décor urbain muré, cloisonné. Et au fond qu’importe ? Ou plutôt, tant mieux ! Car une représentation fidèle au livret symboliste du poète Maeterlinck confinerait aujourd’hui au ridicule (époque médiévale en carton-pâte où vous imaginez Mélisande, telle une Raiponce des temps anciens, penchée à la fenêtre de sa tour et déroulant sa chevelure jusqu’au sol pour que son amant puisse s’y envelopper ?). Et la stylisation élégante (à tendance kitsch distingué avec Bob Wilson) et elliptique souvent de mise à notre époque ne fait que fuir, éluder, masquer. Tant mieux donc si les libertés prises avec le texte nous donnent mieux à voir ce qui se joue : un drame sanglant dans un monde glacé. Ce réalisme brutal forge des images qui cognent la rétine, forcent l’entrée de la conscience pour mieux s’y incruster.


"Je ne pourrai plus sortir de cette forêt ! Dieu sait jusqu'où cette bête m'a mené. Je croyais cependant l'avoir blessée à mort; et voici des traces de sang ! Mais maintenant, je l'ai perdue de vue; je crois que je me suis perdu moi-même…" Je vous laisse pénétrer dans cette forêt enchantée bien que menaçante, dans ces eaux noires et insondables…
AREWENOTMEN? (Merci d'avance pour vos commentaires !) 

MP3 (320 kbps) + artwork & livret


mardi 9 juin 2015

Pour la beauté du geste (feuilleton électrique) par Jimmy Jimi # 89


89. NO CHANCE [LOU REED]

   J'ignore pourquoi mais, partout, il semblerait que les gens doivent absolument se remettre de leurs émotions (sous peine de je ne sais quoi). Avec Olympia, nous fîmes tout ce qui était en notre pouvoir pour continuer à baigner dans les nôtres, et c'est avec délice que nous retrouvâmes cette chère villa pour la première répétition de la rentrée... Mais j'entends le lecteur qui s'impatiente toujours davantage : « Assez d'atermoiements et de digressions, il arrive quand, ce nouveau chanteur ? »

   Il nous fallut patienter encore cinq mois, mais il débarqua au moment où nous n'osions quasiment plus l'espérer. Richard était le voisin de la marraine de la meilleure amie de la nouvelle copine de Cyril – ou un machin dans ce goût-là ! Selon cette dernière, il chantait comme un jeune dieu (rien que ça). Dès qu'il entra dans la pièce, Isidore eut un geste de recul, puis il me souffla : « C'est quoi cet olibrius déguisé en Robin des Bois sportif ? » L'habit est sensé ne pas faire le moine, n'empêche qu'un chanteur en polo Lacoste vert – j'étais d'accord avec Isidore –, ça faisait plutôt mauvais genre !
   Chris lui demanda quels groupes il aimait en particulier. Le gars répondit benoîtement qu'il adorait les Beatles. Quand Polina lui proposa de pousser un peu plus loin, il nous avoua qu'il possédait également quelques disques de John Lennon et de Paul McCartney. Un temps, je crus qu'il voulait faire de l'humour mais, en vérité, il ne connaissait rien d'autre et, chaque fois que nous tenterons de lui faire écouter autre chose, il ânonnera toujours la même réponse : « Ouais, c'est pas trop mal, mais ça vaut pas les Beatles. » C'est une sorte de miracle qu'il ne soit pas parvenu à nous gâter le goût...
   Nous nous mîmes en place sans y croire une seule seconde. Je le revois encore, grand dadais timide, planté comme un piquet devant le micro et tenant maladroitement mon texte en main. Et puis, il ouvrit grand la bouche. Et puis, le monde bascula...
   A défaut de jeune dieu, « Robin des Bois » chantait comme un David Bowie en un peu plus « mâle ». Sans jamais donner l'impression de forcer (il paraissait même embarrassé d'avoir autant de talent), il atteignait les notes les plus hautes comme les plus profondes. Polina tomba amoureuse avant le premier refrain et, à la fin de la chanson, il me sembla que les frangins se retenaient d'aller lui baiser les pieds.
   Olympia lui demanda ce qu'il pensait des paroles. Il la regarda d'un air niais avant de répondre qu'il les trouvait : « sympas » (le pire des faux compliments). Ce fut la première et l'unique fois où il daigna en dire un mot (un seul !), et il ne fut jamais plus loquace en ce qui concerne la musique.

   Une petite voix intérieure m'accusa de jalousie. Je lui assénai un méchant coup de tambourin sur l'occiput et ne l'entendis plus moufter !

   Malgré les réticentes d'Olympia (que je fus sans doute le seul à sentir filtrer) et les grimaces d'Isidore, le gars fut enrôler sans l'ombre d'une concertation.

   Richard refusa poliment de passer la soirée en notre compagnie, comme il le fera toujours par la suite...

   « Nous tenons enfin notre chanteur, hurla Guillaume dès qu'il fut parti, nous allons enfin pouvoir décoller !
   – Décoller pour foncer droit dans le mur, lui répondit Isidore. Je pense que nous sommes tous d'accord pour admettre qu'il possède une voix merveilleuse, mais vous allez faire comment le jour où il voudra monter sur scène avec son polo vert ? Ce grand nigaud ne sait même pas que le vert est proscrit pas les artistes (comme par tous les gens de goût, soit dit en passant).
   – Il suffira juste d'instaurer un code de couleurs, imagina Polina, vu notre nombre, c'est une obligation si on veut pas ressembler au Big Bazar !
   – J'espère que vous avez également pensé à un code passionné de musique, très chère, parce que je suis certain qu'il ne possède pas vingt disques dans ce qu'on ne peut même pas appeler sa collection... Je ne comprends pas qu'il ne vous ai pas sauté aux yeux que ce type ne vous ressemble pas et qu'il n'est pas fait pour la bande.
   – Toi non plus, tu nous ressembles pas : tu vouvoies tout le monde, tu portes des costards trois pièces, tu préfères le jazz et le classique au rock et, pourtant, tu fais parti de la bande et on t'adore tous ! Richard a l'air timide, c'est sa première expérience en groupe, tu pourrais peut-être lui laisser une chance avant de le juger. »


   Une chance ? Aujourd'hui, le mot résonne comme le cri d'une petite fille mangée par un incendie... 


lundi 8 juin 2015

LIZZY MERCIER DESCLOUX ~ Lizzy Mercier Descloux [1984]


On avait connu Lizzy à New York folâtrant avec Patti Smith, Richard Hell ou Jean-Michel Basquiat (qui lui dédiera son Another world sur Blank Generation) avant de la retrouver au Bahamas, puis au milieu des "gazelles" Sud Africaines effarouchées par les phares des bagnoles de police. Cette fille aimait les voyages, les rencontres et l'éclectisme musical ne l'effrayait pas. La majorité, hélas, n'alla pas plus loin que le tube et manqua donc ce magnifique album (qui reçu le Bus d'Acier) léger et coloré même quand il traite des sujets les plus graves. On retiendra qu'il fut enregistré deux ans avant le Graceland de Paul Simon. On est également en droit de le trouver beaucoup plus touchant.
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)    


01 - Pénélope
02 - Confidente De La Nuit
03 - Mais Où Sont Passées Les Gazelles ?
04 - Dolby Sisters Saliva Brothers
05 - L'Éclipse
06 - Les Dents De L'Amour
07 - Wakwazulu Kwezizulu Rock
08 - Momo
09 - Cri
10 - Queen Of Overdub Kisses
11 - Sunjive
12 - Tous Pareils
MP3 (320 kbps) + artwork

samedi 6 juin 2015

ARTISTES DIVERS ~ Le Rock D'Ici - Volume 15 (par Zocalo) [HMC. 2015]


Nous étions tous éreintés. Vouloir tracer d’une traite, sans aucune étape, de Tijuana à Guadalajara était pure folie. Mais le plus épuisé de nous tous, c’était le vieux combi Volkswagen d’au moins un million de kilomètres que nous avions échangé à San Diego contre La Winchester que Michel avait gagné au poker et deux bouteilles de Beaujolais bio que j’avais eu tant de mal à faire entrer aux U.S. Jamais, je n’avais vu une bagnole fumer autant. Du métal en fusion. Même les pneus sentaient le brûlé. C’est donc à l’approche de Culiacàn que nous avons littéralement échoué dans cette bodega crasseuse, nous jetant sur les cervezas glacées comme des naufragés sur une bouée de sauvetage. Dans le fond de la pièce, il y avait là trois, quatre musicos qui jouaient comme s’ils étaient seuls une musique bizarre qui tenait autant des mariachis que du baloche à neuneu. La chaleur, l’alcool et la fatigue m’embrumaient la tête, et je suis incapable de vous dire comment je me suis réveillé aux côtés de Carlita, la chanteuse du groupe. Quelle situation ! Sans aucun souvenir de la soirée précédente, c’est au prix d’un effort inouï que je rassemblai mes vieux souvenirs d’espagnol d’où émergèrent des borborygmes en forme de "senorita", "como esta ?" et autres "que paso ahier ?" Carlita me laissait m’enfoncer dans le plus profond ridicule, et quand je me tus enfin, elle lâcha cette estocade définitive qui acheva de m’engloutir de honte : "Te fatigue pas, Cabron, nous sommes tous de Quimper, nous tournons au Mexique." Car, enfin, il est vrai que les musiciens français qui chantent en espagnol sont plus nettement attirés par l’Amérique latine que par la Sagrada Familia. Certains s’en sont fait une spécialité : Manu Chao, Sergent Garcia, Plaza Francia (qui n’est pas dans la compilation). Pour d’autres, c’est une incartade, presque un accident, quelquefois la recherche de ses racines (Olivia Ruiz, Nathalie Cardone (j’ai mis deux N dans le nom du fichier, il faudra corriger)). Et puis il y a les obscurs, les sans-grades, ceux qui chantent espagnol avec l’accent de Bobigny, les punks de passage, les rockers qui passent en force (Inti, Los Carayos, Les Caméléons). Ce sont vers eux que va ma préférence car chanter en espagnol est pour eux une autre façon d’exprimer leur différence, de combattre le système, de hurler leur révolte. El pueblo unido jamas sera vencido, c’est bien connu.
ZOCALO (Merci d'avance pour vos commentaires !) 



01 - LA BELLE IMAGE - La Trucha Del Titicaca
02 - LES CAMELEONS - Soledad
03 - CHIHUAHUA - Hombre De Noche
04 - MARCEL ET SON ORCHESTRE - Noche De Accion
05 - BIG MAMA - Bala Perdida
06 - NUCLEAR DEVICE - Aguita De Ciudad
07 - LOS CARAYOS - Oscar Tramor
08 - SHAKA PONK & BERTRAND CANTAT - Palabra Mi Amor
09 - NATHALIE CARDONE - Hasta Siempre
10 - TARMAC - Inùtil
11 - CECILE CORBEL - Hija Mia
12 - NOUVELLE VAGUE (Avec OLIVIA RUIZ) - Mala Vida
13 - MATMATAH - La Serpeta Del Barrio
14 - SKUNK - Indios De Barcelona
15 - LO'JO - Magdalena
16 - INTI - Pachamama
17 - ZAZ - Historia De Un Amor [Live]
18 - LES NEGRESSES VERTES - Hasta Llegar
19 - OLIVIA RUIZ & DIDIER BLANC - Quedate
20 - SERGENT GARCIA - Acabar Mal
21 - MANU CHAO - Clandestino
22 - MASS HYSTERIA, NADIA, YASMINA NID EL MOURID, LO'JO TRIBAN - Corazones Olvidados (Saetas Dulces)
23 - LES TETES RAIDES - Barcelona
24 - HOT PANTS - Rosamaria
25- TRIANGLE - Con Nosotros [Version Espagnole]
26 - HUBERT-FELIX THIEFAINE - Pulpe, Mescal Y Tequila
27 - LA BELLE IMAGE - La Guanena
MP3 (320 kbps) + front cover
Fier de notre savoir faire avec BM135