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vendredi 20 novembre 2015

BAUHAUS ~ Burning From The Inside [1983]


Si, la plupart du temps, nous pouvons en avoir d’excellentes, il arrive, parfois, que nous ayons, chacun, de mauvaises raisons d’aimer ou non une musique. En ce qui concerne Bauhaus, la pire de toutes est de vouloir réduire ce groupe à du gothique. Il suffit de jeter un œil sur leurs textes ou sur leurs pochettes à l’esthétique rare ou, mieux encore, une oreille attentive à leur musique pour s’en convaincre. A 95%, vous ne trouverez rien de gothique dedans et, pourtant, l’étiquette ne cesse de leur être accolée, sous doute la faute à leur dégaine ou à l’aune de l’une de leurs chansons qu’on brandit comme un étendard pour l’affirmer, autant pour ne pas voir combien on a tort pour le reste. Si ce groupe  possède de réelles velléités arty, voire une certaine prétention, c’est également ignorer son sens de l’humour qui n’a pas peur d’aller de l’absurde jusqu’au scabreux. Et, au-delà de toutes les étiquettes, nous avons également là, avec Peter Murphy, l’un des chanteurs les plus impressionnants qui soit de sa génération, capable des embardées les plus animales aux envolées les plus théâtrales et émotionnelles. Et puis, pour l’ado que j’ai été, outre leurs reprises impeccables et forts éclairantes (du Velvet Underground et John Cale, en passant par T.Rex et Bowie ou même Brian Eno), je ne dois pas à mes profs de français successifs ma découverte d’Antonin Artaud mais bien à ce groupe, ce qui constitue ce que le rock a de plus mystérieux pour s’émanciper du moule dans lequel les adultes se plaisent à nous enfermer, ce petit vecteur de culture si cher à nos cœurs capable d’ouvrir nos yeux sur des mondes dont fort peu possèdent encore les clés, sans parler non plus de ce nom, Bauhaus, autre passerelle sublime pour comprendre combien I’m not like everbody else. Cet album est à écouter comme un chant du cygne car il fut le dernier du groupe. Un combo alors en pleine implosion, mais en pleine possession de ses moyens, et qui accouchera peu de temps après, sans son chanteur, de son autre ultime et fort méconnu chef d’œuvre sous l’identité de Tones on Tails. Une musique que j’ai eu honte, à force de mauvaises raisons, d’avoir aimée un jour et que je redécouvre aujourd’hui, avec un plaisir intact.
Audrey SONGEVAL (Merci d'avance pour vos commentaires !)


01 - She's In Parties 
02 - Antonin Artaud 
03 - Wasp 
04 - King Volcano 
05 - Who Killed Mr. Moonlight? 
06 - Slice Of Life
07 - Honeymoon Croon 
08 - Kingdom's Coming
09 - Burning From The Inside
10 - Hope
11 - Lagartija Nick [Single A-Side, 1983) 
12 - Here's The Dub [Single A-Side, 1983)
13 - Departure [Single B-Side,1983] 
14 - The Sanity Assassin [Bonus]
MP3 (320 kbps) + artwork