"I sleep with the TV on so I don’t feel so alone…"
C’est décidé, on ne me la fera plus celle-là. Laquelle ? Ben, l’histoire de l’ex-… (là, vous mettez ce que vous voulez : punk, hardcore, grunge, metalleux ou autre). En général, mon truc c’est plutôt punk. Ex-punk, quoi. L’ex, donc, qui tourne roots-rocker solo acoustique et tout le tintouin. En un bref instant de lucidité envers moi-même et la mono-maniaquerie qui m’attire vers ces innombrables tordus, j’ai décidé que, merde alors ça suffit ! Ces moments (de lucidité s’entend) sont rares chez moi, c’est bien pour ça que je vous prends à témoin. Et là, ça tombe bien parce que le Bobby en question coche toutes les cases : la voix atypique, la gueule burinée, le chapeau, les cheveux longs, les lunettes, l’humour féroce et auto-destructeur, les textes tournant autour, au hasard ici, de la coke et l’hero. Concernant la dope, le gars est allé au bout mais a miraculeusement pu en revenir pour nous en parler. Il en a fait son boulot d’ailleurs, d’en parler et d’aider les gens comme lui, mais on s’éloigne là. Enfin, on s’éloignerait si ce disque parlait d’autres choses. "Mes dents sont si pourries que j’peux même plus mâcher mes céréales préférées" : faut lui concéder ça à Bob, on a déjà lu moins parlant et plus moralisateur. S’apitoie pas non plus sur son sort, chacun appréciera. Son passé musical tourne lui autour de loustics qui me font pas monter au plafond, ça va m’aider dans ma rédemption. Il paraît qu’il reprend ici des morceaux de ses précédents groupes, ça nous fait une belle jambe. Bah, ceci-dit c’est pas si mal tiens… Oui, parce qu’en fait, je l’écoute au moment-même où je vous en parle. C’est la deuxième écoute. J’arrive au dernier morceau, c’est pas trop tôt. Merde, attendez un peu, ça m’avait pas frappé la première fois, mais cette voix féminine, nom de dieu de bordel de merde… Stop ! Arrêtez tout, arrêtez tout je vous dis, et surtout ne me faites pas confiance ! Oubliez tout ce que vous venez de lire et écoutez ce disque toutes affaires cessantes. On a tous besoin de trucs pour survivre, Bob Forrest avait sans doute besoin de Survival Songs. Alors non, bien sûr, le mec n’a pas inventé l’eau tiède, mais vous le connaissez, vous, le mec qui a inventé l’eau tiède ?
Everett W. GILLES (Merci d’avance pour vos commentaires !)
P.S. : Le gars Bob ne fait même pas du neuf avec du vieux - et on s'en fout ! Il fait et c'est plus que beaucoup. En période de crise, les troubadours reviennent toujours au galop : il parait, en ce moment, un disque de folk blues toutes les demies heures, alors pourquoi lui ? Sur le premier titre, tel un pitbull enamouré, il prend à la gorge; ensuite, il prend aux tripes. Je ne suis même pas certain de pouvoir expliquer ni pourquoi ni comment. Je crois qu'il a le truc (le grand truc) et voilà. Ces chansons de survie, il les a composées pour lui, mais, coup de bol, elles peuvent fonctionner pour tout le monde. Je ne vais pas vous implorer, mais vous auriez grand tord de passer à côté. Le type n'a peut-être pas inventé l'eau tiède, comme l'écrit l'ami Everett, mais son disque est plein de larmes chaudes (même s'il demeure toujours digne). Ce n'est rien d'écrire que ça réconforte.
Jimmy
01 - See That My Grave Is Kept Clean
02 - Song Of The Songs
03 - Cereal Song
04 - Sammy Hagar Weekend
05 - Looking To The West
06 - Body & Soul
07 - Off-Street Parking
08 - Lena Horne Still Sings "Stormy Weather"
09 - Not Going To Do It Again
10 - Anymore
11 - You've Gotta Be Kiddin' Me
12 - Elvis, We Are Waiting For You!
13 - Truth, Chaos & Beauty (Peace In The Valley)