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vendredi 17 février 2017

THE POGUES ~ If I Should Fall From Grace With God [D.R.] [1988]


Dans le monde du rock, il existe certainement une malédiction profondément injuste frappant groupes et artistes qui ne se sont pas pris au sérieux pour être un jour malgré tout être pris au sérieux en retour, comme si une telle démarche était incompatible avec le talent. Si vous n’avez pas d’exemples en tête, en voici quelques-uns au hasard : Madness, Badfinger, Nino Ferrer, Damned, De la Soul. Parmi ces maudits, les Pogues figurent en bonne place sous prétexte qu’ils versaient en plus dans le supposé folklorique irlandais. Non, mais vraiment, comment prendre ce groupe au sérieux alors qu’il a composé Fiesta, ce machin qui a eu le malheur de tomber dans l’oreille d’un sourd béotien nommé Patrick Sébastien ? En plus, derrière cette première malédiction s’en cache une seconde, celle d’avoir offert Rum, Sodomy and the Lash comme s’il s’agissait de leur chef d’œuvre, alors qu’ils le surpassèrent sur le suivant en termes d’inspiration mélodique, stylistique et de richesse sonore, parfaitement captée par la production limpide et inspirée de Steve Lilywhite. Donc, rétablissons quelques vérités, les Pogues méritent tout à fait sérieusement de figurer dans le Panthéon des plus grands groupes toute catégorie de leur décennie et ils n’ont pas composés qu’un seul authentique chef d’œuvre mais deux, dont celui-là qu’on oublie « sérieusement » trop souvent. Non mais sans rire !
Audrey SONGEVAL (Merci d'avance pour vos commentaires !)


01 - If I Should Fall From Grace With God
02 - Turkish Song Of The Damned
03 - Bottle Of Smoke
04 - Fairytale Of New York
05 - Metropolis
06 - Thousands Are Sailing
07 - Fiesta
08 - Medley - The Recruting Sergeant - The Rocky Road To Dublin - The Galway Races
09 - Streets Of Sorrow Birmingham Six
10 - Lullaby Of London
11 - Sit Down By The Fire
12 - The Broad Majestic Shannon
13 - Worms
14 - The Battle March Medley [Bonus Track]
15 - The Irish Rover [Bonus Track]
16 - Mountain Dew [Bonus Track]
17 - Shanne Bradley [Bonus Track]
18 - Sketches Of Spain [Bonus Track]
19 - South Australia [Bonus Track]
MP3 (320 kbps) + artwork


lundi 16 janvier 2017

GENE CLARK ~ Gene Clark [aka 'White Light'] [1971]


Mon précédent post concernant Gene Clark avait notamment suscité ce commentaire enthousiaste d'Olivier B. : "Je ne connaissais pas le bonhomme et la découverte est fondamentale !" Je ne pouvais quand même pas laisser ce garçon avec un unique disque de demos. Voici donc White light : un phare au milieu de la nuit, une main amie au fond de la solitude... Pour certains (dont je suis), on a rarement fait plus beau avec une guitare en bois et un micro. Cela fait des décennies qu'il me console de tout comme de rien, qu'il me bouleverse sans que je parvienne à mettre des mots sur tant d'émotions. Alors, débrouillez-vous donc avec ça !  
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)

   
01 - The Virgin
02 - With Tomorrow
03 - White Light
04 - Because Of You
05 - One In A Hundred
06 - For A Spanish Guitar
07 - Where My Love Lies Asleep
08 - Tears Of Rage
09 - 1975
10 - Because Of You [Alternate Mix - Bonus Track]
11 - Stand By Me [Previously Unreleased - Bonus Track]
12 - Ship Of The Lord [Previously Unreleased - Bonus Track]
13 - Opening Day [Previously Unreleased - Bonus Track]
14 - Winter In [Rare Track - Bonus Track]
MP3 (320 kbps) + artwork


vendredi 6 janvier 2017

GENE CLARK ~ The Lost Studio Sessions 1964-1982 [C. 2016]


Ne jamais confondre les fonds de tiroirs et les trésors cachés. Si, aujourd'hui, un type offrait des chansons à moitié aussi magnifiques que celles que l'on trouve réunies sur ce florilège inespéré, on le prendrait pour un dieu vivant ! J'adore ces disques qui bouleversent une poignée de fans, alors que le reste du monde n'en prendra jamais connaissance... Certains titres dormaient sur une pauvre étagère depuis 1964, ça laisse pensif. Faites l'expérience, écoutez ne serait-ce que cette version de Back street mirror, et regardez-vous vous évanouir dans le reflet de la lune ! Notre oyseau de bonheur écrivait, composait, jouait et chantait comme un ange en se débattant avec grâce contre la surdité de ses contemporains. Cette pépite fut la trouvaille magique de l'an passé, juste au cas où vous seriez passé à côté...  
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)


01 - The Way I Am [Spring 1964]
02 - I'd Feel Better [Spring 1964]
03 - That Girl [Spring 1964]
04 - A Worried Heart [Spring 1964]
05 - If There's No Love [Spring 1964]
06 - Back Street Mirror [January 26, 1967]
07 - Don't Let It Fall Through [January 26, 1967]
08 - Back To Earth Again [Spring 1970]
09 - The Lighthouse [Spring 1970]
10 - The Awakening Within [Spring 1970]
11 - Sweet Adrienne [Spring 1970]
12 - Walking Through This Lifetime [Spring 1970]
13 - The Sparrow [Spring 1970]
14 - Only Yesterday's Gone [Spring 1970]
15 - She Darked The Sun [With Flying Burrito Bros, Spring 1970]
16 - Roll In My Sweet Baby's Arms [July - September 1972]
17 - She Don't Care About Time [July - September 1972]
18 - Don't This Road Look Rough And Rocky [July - September 1972]
19 - Bars Have Made A Prisoner Out Of Me [July - September 1972]
20 - One Hundred Years From Now [Nyteflyte, July 10, 1982]
21 - (The) Letter [Nyteflyte, July 10, 1982]
22 - Still Feeling Blue [Nyteflyte, July 10, 1982]
23 - No Memories Hangin' Round [Nyteflyte, July 10, 1982]
24 - I'll Feel A Whole Lot Better [Nyteflyte, July 10, 1982]




mardi 13 septembre 2016

SILVAIN VANOT ~ Il Fait Soleil [2002]


Et si, finalement, il était plus osé d'intituler un album Il Fait soleil plutôt que Never mind the bollocks ! Il fait soleil, donc ; pour autant, nous ne sommes pas tout à fait - et c'est heureux - chez la Compagnie Créole ! De mélancoliques nuages peuvent planer ici ou là... C'est un véritable beau disque de folk campagnard (arrangé avec une élégance rare), ce qui n'est pas si fréquent au pays de Jean-Jacques Cabrel. La douce affaire s'ouvre sur le titre homonyme, superbe relecture d'un bijou du magnifique (et un peu trop oublié) Jean-Roger Caussimon pour ne cesser d'enchanter. Je n'ai toujours pas compris comment cet homme parvient à nous plonger dans des rêveries aussi mystérieuses avec des thèmes en apparence si simples. 
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)  

   
01 - Il Fait Soleil
02 - Aurore
03 - Les Roseaux
04 - Plus Je M'Y Perds
05 - J'En Sais Assez (Sur Toi)
06 - Ile De France
07 - Aux Heures Vagabondes
08 - Rame Le Canot
09 - Des Cailloux
10 - Les Fous Des Rues
11 - Tête Vide


mardi 21 juin 2016

SILVAIN VANOT ~ Ithaque [2016]


Ce genre de disque s'échange comme on se libère d'un secret... "J'ignore comment le tri s'opère mais, voyez, je suis toujours là, loin du wagon de tête, avec les indécis, ça me va." Il aura tout de même fallut attendre sept longues années depuis le précédent album. Ce matin, je me suis fais cette réflexion : dans le quartier, dans les transports, au boulot et même chez des connaissances, j'ai plus de (mal)chance de croiser des admirateurs de Kendji Girac qu'un seul fan de Silvain Vanot (et ça m'a déprimé) ! Sans aller jusque là, si Murat, Dominique A, Miossec ou Quivousvoudrez sont parvenus à trouver leur place, l'excellent Vanot oeuvre toujours dans la marge. La beauté, souvent, tient à peu de choses, mais elle effraye le gros public. Dans ce disque, vous ne trouverez qu'une guitare, un piano, un sitar (sur un titre), quelques rares lignes de basse et une voix rare qui charrient les mots comme un fleuve qui ferait semblant d'être tranquille. Rien qui ne pourra défrayer la chronique, laquelle n'a jamais su aller voir plus loin que le petit bout de son vilain nez. En plus, Vanot n'est pas un chanteur facile (comme on dirait d'une fille), il n'abandonne pas ses merveilleuses chansons aux passants trop pressés, il faut traquer les mystères en multipliant les écoutes. Au bout, il y a autant d'impudeur que de féerie. Ce disque m'a mis à genoux dans une flaque de larmes. Bouleversant. 
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)     


01 - Chanson Heureuse
02 - Je Suis Le Carnet De Route
03 - Le Nom D'Un Autre
04 - De Quoi Parle-T-On
05 - Lucie
06 - Le Marié Du Port
07 - De Faute
08 - Ma Siamoise
09 - Vanneau
10 - La Pourpre
11 - Les Accords Du 9e
12 - Ithaque
MP3 (320 kbps) + front cover



jeudi 26 mai 2016

NEIL YOUNG ~ On The Beach [1974]


Naïvement, je pensais que qui aimait bien châtiait bien, mais ça ne semble pas valable pour Neil Young. A chaque nouvel album, la presse et les fans continuent de faire semblant de s’enthousiasmer avant d'oublier le disque à jamais après une ou deux (pour les plus courageux) écoutes. Cela fait si longtemps que Neil Young ne m'a pas ému que j'en ai oublié le nom de son dernier bon disque. Ces albums ne sont pas mauvais, ils sont pires : tellement ennuyeux et inutiles. On dirait un imitateur pressé de rendre sa copie avant de se jeter sur une autre qu'il bâclera aussi rapidement. Vous allez me dire qu'il n'est pas le seul ancien à ne pas tenir la distance par rapport à ses chefs-d'oeuvre d'antan. Certes, mais les autres se laissent oublier de temps à autre. A ce rythme, la discographie de Neil Young comprendra bientôt autant de navets que de splendeurs. Il m'énerve tant que j'en oublierais presque de réécouter tous ses grands et beaux disques. Ici, la pochette annonce la couleur, tout le contraire de "sous les pavés la plage", c'est sous la plage les pavés et les bombes, et les titres ne démentent pas : See the sky about to rain, Revolution blues, Vampire blues, Ambulance blues (adroitement pompée sur le Needle of death du génial Bert Jansch !) Cela ne rigole pas des masses ! Pour autant, je n'échangerais pas une seule de ces chansons cafardeuses contre tous les Le Noise ou Psychedelic Pills que vous voudrez. En trois mots et guère plus d'accords, le bonhomme vous expédiait dans une troublante extase. J'ai l'impression qu'il a perdu la formule magique ou que ses vieux yeux la relisent trop vite et à l'envers. 
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)



01 - Walk On
02 - See The Sky About To Rain
03 - Revolution Blues
04 - For The Turnstiles
05 - Vampire Blues
06 - On The Beach
07 - Motion Pictures
08 - Ambulance Blues
MP3 (320 kbps) + artwork


mercredi 27 avril 2016

HOPE SANDOVAL & THE WARM INVENTIONS ~ Bavarian Fruit Bread [2001]


J'ai acheté ce disque sans plaisir avant de l'abandonner sur une étagère, encore enveloppé dans sa cellophane. Non, je ne suis pas tout à fait fou, juste fidèle, ce qui n'est pas exactement la même chose. Cet album sur lequel s'étalait en toute lettre le nom de Sa Majesté Hope Sandoval sonnait le glas de Mazzy Star, l'un de mes groupes préférés des années quatre-vingt-dix, l'un de mes groupes préférés tout court. Comment, alors, aurais-je pu imaginer que la Belle réussirait à s'échapper quelques quinze années plus plus tard pour retrouver son palais et nous offrir un nouveau chef-d'oeuvre en compagnie de Dave Roback, son plus merveilleux serviteur (Mazzy Star étant l'un des très rares groupes à avoir réussi sa reformation)? Je finis par découvrir ce Bavarian fruit bread, chez un ami, plus d'un an après sa parution... Le disque s'ouvre sur une offrande de William Reid (The Jesus And Mary Chain), le voyou qui avait enlevé notre Princesse pour la retenir en captivité sous la garde de Colm O'Ciosoig (My Bloody Valentine). Le garçon fait de gros efforts pour ne pas sonner comme Mazzy Star et pour ne pas infester les ondes distillés par la Magicienne. L'équivalent de la première face sonne comme du folk très intimiste (avec deux participations du génial Bert Jansch à la guitare), alors que la seconde est légèrement plus riche en arrangements (magnifique violoncelle). Malgré l'exil, le Cher Ange n'a rien perdu de sa superbe et chante toujours avec cette voix de fée presque insupportable de sensualité. Le sucre d'orge et le miel semble couler des enceintes et l'on ne peut faire autrement que de se vautrer dans ce luxe érotique !
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)
P.S. : essayez de ne pas vous faire trop de mal avec la photo ci-dessous !                


01 - Drop
02 - Suzanne
03 - Butterfly Mornings
04 - On The Low
05 - Baby Let Me
06 - Feeling Of Gaze
07 - Charlotte
08 - Clear Day
09 - Bavarian Fruit Bread
10 - Untitled
11 - Around My Smile
12 - Lose Me On The Way
MP3 (320 kbps) + artwork


mardi 26 avril 2016

TIM HARDIN ~ Suite For Susan Moore And Damion - We Are One, One, All In One [1969]


Oublions les questions domestiques, professionnelles ou médiatiques qui emplissent notre quotidien et focalisons-nous un instant sur cette chose si galvaudée qu’est l’amour. On rêve tous à un moment de sa vie (même si on peut l’avoir oublié en route) d’un grand amour. Mais, au final, qu’attendons-nous réellement de lui et que serions-nous prêts à faire pour (re)vivre le plus fou d’entre tous ? Pour illustrer mon propos, j’ai choisi ce disque de Tim Hardin, parce qu’il nous place au cœur de cette confrontation. Ce n’est sans doute pas son meilleur (d’autant qu’il est parfois inconfortable à écouter), à la place, ouvrez toutes grandes vos oreilles sur Tim Hardin 1 et Tim Hardin 2 et fermerez les yeux en même temps pour mieux les savourer. Pour ma part, j’aime par-dessous tout cette voix parfois mélancoliquement si douce et dont la magnifique retenue vous bouleverse en moins de trois syllabes car elle nous dit tout ce que l’on peut nous cacher de la vraie vie. Malheureusement pour lui (et pour nous), son accoutumance à l’héroïne aura aussi le dessus sur son œuvre et sur sa vie… Sur le disque en question, alors complètement fou amoureux de sa compagne du moment, Tim Hardin décide de se lancer dans une sorte de concept album pour exprimer toute la grandeur de l’amour qu’il porte à cette femme et à leur enfant. La belle, sans doute un peu dépassée par tant de ferveur, mit les voiles avant sa réalisation finale. Reste ce témoignage poignant, impudique et parfois effrayant d’un homme qui a osé dire et vivre ce que beaucoup se contentent de rêver. Car si ce disque me fascine autant, c’est qu’il nous place face à ce grand amour qui donnerait soudain tout son sens à nos vies pour nous dévoiler tels que nous sommes lorsqu’on cesse de se mentir : en toute honnêteté, vous sentiriez-vous vraiment capable de vivre et d’assumer les débordements d’un tel amour aux yeux de tous ou ne rêveriez-vous pas plutôt, à la place, d’en inspirer un pareil à votre égard ? A moins que, comme cette fameuse Susan Moore, vous ne préfériez vous en détourner à votre tour pour ne pas en payer le prix ? Alors, quelle que soit la réponse que vous trouverez à l’écoute de ce disque, acceptez qu’elle vous dévoile soudain une part de vous-même un peu effrayante… car tel est l’étrange pouvoir de cet album.
Audrey SONGEVAL (Merci d'avance pour vos commentaires !)


 * Implication I
 01 - First Love Song
 02 - Everything Good Become More True
* Implication II
03 - Question Of Birth
04 - Once-Touched By Flame
05 - Last Sweet Moments
*  Implication III
06 - Magician
07 - Loneliness She Knows
* End Of Implication
08 - The Country I'm Living In
09 - One One The Perfect Sum
10 - Susan
MP3 (320 kbps) + artwork



mardi 12 avril 2016

BERT JANSCH ~ Avocet [D.R.] [1978]


Alors que la new wave battait son plein, Bert Jansch (guitare et piano) décida de faire paraître un album concept (et instrumental) dédié aux oiseaux. Evidemment, vendu ainsi, on est en droit de tiquer ! C'est oublier à qui l'on a affaire. Bert Jansch (accompagné des fidèles et merveilleux Danny Thompson (contrebasse) et Martin Jenkins (mandoloncelle, flûte et violon) est un virtuose qui sait ne conserver que l'essentiel. Ici, tout respire l'épure et l'élégance (comme lorsqu'il emprunte une rythmique de bossa sur une grille d'accords folk). Cet album en tous points sublime est accessible à tous et vous fera planer à des hauteurs insoupçonnées.  
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !) 


01 - Avocet
02 - Lapwing
03 - Bittern
04 - Kingfisher
05 - Osprey
06 - Kittiwake
MP3 (320 kbps) + artwork


mardi 5 avril 2016

BECK ~ Modern Guilt (Acoustic) [2009]


"All I’ve got left is the taste of salt in my mouth."
Vous ne vous en souvenez pas parce que vous n’avez aucune mémoire mais, à l’occasion d’un Grand Jeu, j’avais posté un Beck avec ce préambule : posez la question à 100 personnes et 99 vous répondront : "j’aime bien Beck mais…" Le "mais" qui tue. J’ai du corriger par la suite, le vrai chiffre est 98 (les deux restants sont Marius et moi). Je vous rassure tout de suite, le disque dont il est question ici ne changera rien à l’affaire mais, depuis sa sortie, c’est celui que j’écoute le plus du bonhomme en question. Enfin, sortie si on veut car de sortie il ne fut jamais question. Et de disque non plus d’ailleurs. Ouais, je sais, ça commence bien… Je reprends : Beck a pour principale caractéristique de piquer des idées aux autres tout en ne faisant rien comme tout le monde. Quand Springsteen ou autres font une tournée où ils reprennent un vieux disque dans sa totalité (genre The River Tour, 100 balles la place à SanSe, ça doit les valoir mais merde… bon, de toute façon, c’est pas le sujet) lui, c’est le contraire. Tiens, ça me fait penser, qu’au même endroit, j’ai loupé, il y a quelques années, The Spanish Bombs qui reprenaient London calling pour beaucoup moins cher la place, c’est toujours pas le sujet, mais The Spanish Bombs c’étaient Chuck Prophet Himself et ses potes… Beck, donc, c’est le contraire : de retour d’une tournée au Japon censée promouvoir Modern guilt, il s’est enfermé dans son studio avec son groupe pour le rejouer unplugged dans sa totalité et offrir un par un les morceaux ainsi réalisés à ses fans. D’où le non-disque. Il a expliqué cette décision par le désarroi généré par le jetlag et l’arrêt net d’une série de concerts combiné à l’anniversaire de la date de sortie de l’original. On ne saura jamais si ses musiciens ont apprécié la manœuvre digne d’un entraîneur de basket serbe mécontent de ses troupes (ça aussi, c’est autre chose…) toujours est-il que, bon an mal an, ils ont coopéré et que, attention, chronique sérieuse : "en le réenregistrant de manière entièrement acoustique, Beck Hansen donne une nouvelle jeunesse à son dernier opus à peine vieux d’un an qui donc n’en avait pas besoin mais, toutefois, en ressort encore grandi; on entend déjà çà et là des voix déclarer que ce non-disque est ce qu’il a réalisé de meilleur depuis longtemps. Ces mêmes voix promettent par ailleurs de pendre par les pieds tous ceux qui écriront "opus" à la place de "disque". Qu’est-ce que je peux détester ce mot !" Fin de la chronique sérieuse. Un indice : si lors de la première minute du premier morceau vous résistez à la beauté de la voix de Beck vous pourrez passer votre chemin. Ce qui serait dommage car si, au contraire, vous allez jusqu’au bout, vous aurez droit à une version somptueuse d’un de mes titres préférés toutes catégories confondues. Et dans ce cas, je vous promets de vous épargner une chronique du prochain Maître Gims qui, selon mon pote Vince qui vit en Guadeloupe, doit réenregistrer les plus célèbres morceaux de Metallica unplugged et en créole.
Everett W. GILLES (Merci d’avance pour vos commentaires !)


01 - Orphans
02 - Gamma Ray
03 - Chemtrails
04 - Modern Guilt
05 - Youthless
06 - Walls
07 - Replica
07 - Soul Of A Man
08 - Profanity Prayers
09 - Volcano
MP3 (320 kbps) + front cover 



jeudi 3 mars 2016

THE WAINWRIGHT SISTERS ~ Songs In The Dark [2015]


Dans la famille Wainwright, vous avez le choix, tout le monde joue et chante: le père, la mère, la belle-mère, ainsi que tous les marmots. Il y a les contes de fées et les fées qui comptent. Les deux demies frangines ont décidées de nous convier dans leur chambrette tapissée de velours. Si vous aimez les belles dentelles finement ouvragées, les berceuses sans âge et écouter vos disques à la douce lumière des chandelles, vous allez vous pâmer ! Par contre, si vous êtes fans de Sepultura, ça risque d'être un tantinet plus compliqué ! Personnellement, je l'ai écouté en boucle toute une soirée, et j'éprouve encore quelques difficultés à me remettre de cette si délicieuse osmose. Je vous le conseille vivement, mais du bout des lèvres.
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)    

     
01 - Prairie Lullaby
02 - Hobo's Lullaby
03 - El Condor Pasa
04 - Lullaby
05 - Lullaby For A Doll
06 - Runs In The Family
07 - Baby Rocking Medley
08 - Screaming Issue
09 - Long Lankin
10 - Our Mother The Mountain
11 - End Of The Rainbow
12 - Dusty Skies
13 - All The Pretty Horses
14 - Russian Lullaby
15 - Do You Love An Apple
16 - Go Tell Aunt Rhody
MP3 (320 kbps) + front cover
Lullaby by two dolls with BM230


jeudi 25 février 2016

NICK DRAKE ~ Pink Moon [D.R.] [1972]


Ces deux précédents albums étaient d'indispensables merveilles aux arrangements et aux orchestrations flamboyantes, mais Nick Drake, le génie timide, ne rêvait que d'épure. Il est vrai que lorsqu'on possède une telle voix, des mots de cette qualité et pareil jeu de guitare, le reste peut sembler un tantinet superflu. Ces vingt-huit minutes de mise à nue miraculeuse furent captées en deux nuits sans que le monde ne s'en émeuve. Le jeune introverti refusant concert et promotion, il s'en vendra encore moins que les premiers. Un des plus grands troubadours de tous les temps quittera bientôt la musique, puis la terre, dans une glaciale indifférence. Depuis, heureusement, les années lui ont rendues grâce. Quand tout semble perdu, on peut encore venir se réchauffer aux reflets rosés de cette lune immuable.
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)    


01 - Pink Moon
02 - Place To Be
03 - Road
04 - Which Will
05 - Horn
06 - Things Behind The Sun
07 - Know
08 - Parasite
09 - Free Ride
10 - Harvest Breed
11 - From The Morning
MP3 (320 kbps) + front cover


jeudi 18 février 2016

KRISTIN HERSH ~ Hips And Makers [1994]


Je ne ferais pas de long discours pour évoquer cette damoiselle. On dit qu'elle est prolifique (ce n'est pas vraiment faux), perturbée mentalement, éparpillée dans une œuvre en désordre… En fait, pourquoi ne dirait-on pas simplement qu'elle est une belle Artiste ? Auteure-compositrice-chanteuse, cette quinquagénaire américaine s'accompagne depuis le début des années 80 d'une bande de complices bien inspirés, et s'enflamme à chaque nouveau projet pour nous offrir le meilleur de sa créativité, que ce soit avec les Throwing Muses, qu'elle forme avec sa demie sœur Tanya Donelly (Breeders) ou plus récemment avec 50 Foot Wave, ou en (presque) solo, on ne peut qu'être touché par cette voix, unique, qui transpire de sensibilité et de sincérité. Son premier album en solitaire, Hips and makers, est un petit bijou acoustique où ses chansons ressemblent à des petites confessions intimes. Une guitare, un peu de piano, le violoncelle de Jane Scarpantini, l'apparition vocale de Michael Stipe, de la douceur, une pincée de colère quand même : tous les ingrédients sont là pour nous donner du plaisir, simple et réconfortant. De la poésie à l'état brut. « Rocking on the ocean, Sucking up the sea, Every bird flies over me, We have hips and makers, We have a good time, I married a boxer to keep me from fighting, I married a brewer to keep me from drinking, We have a good time, They keep me dancing, Finally it's alright, It's alright. » 
NESTOR. B (Merci d'avance pour vos commentaires !)
P.S. : en bonus, une jolie reprise de qui vous savez.


01 - Your Ghost
02 - Beestung
03 - Teeth
04 - Sundrops
05 - Sparky
06 - Houdini Blues
07 - A Loon
08 - Velvet Days
09 - Close Your Eyes
10 - Me And My Charms
11 - Tuesday Night
12 - The Letter
13 - Lurch
14 - The Cuckoo
15 - Hips And Makers
16 - When The Levee Breaks [Bonus Track]
MP3 (320 kbps) + front cover


jeudi 21 janvier 2016

JANNE HEA ~ Wishing Well [2014]


Ce qui est plaisant lorsqu'on tient un blog, c'est qu'on peut poster ce que l'on veut sans en référer à personne. Ainsi, si cela me chante, je suis libre de vous proposer ce merveilleux album tous les six mois sans qu'on me l'interdise - même Big Brother qui se fout complètement de ma pauvre Janne; pensez donc, quand on tape son nom sur Google, c'est mon modeste blog qui pointe en tête de liste. Je suis loin d'être un mètre étalon (et je m'en félicite), mais je me dis que si ce disque a pu me bouleverser à ce point, il pourrait également vous titiller là où ça fait du bien. Il y a un an, vous étiez cinq (5 !) à m'avoir laissé un commentaire, c'est très largement insuffisant ! A l'époque, je ne connaissais la demoiselle que depuis trois jours. J'avais écouté son album par curiosité, attiré par cette pochette et me demandant ce qu'elle fichait au milieu de tout ce gris. Depuis, il ne se passe guère de semaines sans que j'y retourne, toujours plus ému à chaque écoute... Bordel de merde (désolé, je m'emporte, mais vous m'y obligez) ! Il faut absolument que vous écoutiez Wishing well au moins un fois, tous (après, vous le balancerez si le cœur vous en dit (non, si vous le balancez, c'est que vous n'avez pas de cœur !)). Ce n'est pas la plus belle fille du monde, mais on s'en fout, elle n'a pas choisi d'être top model. Elle ne possède pas la voix d'une superwoman, mais c'est encore mieux : elle chante comme la fille d'à côté, dont vous êtes si secrètement amoureux que vous n'avez jamais osé vous l'avouer ! Elle ne joue pas de la guitare comme une déesse, mais elle assure et ses potes banjoïste et violoniste font le reste avec une grâce démesurée. Elle vient de Norvège, mais on jurait qu'elle a grandit en écoutant le meilleur de la musique irlandaise. Enfin, chaque mot, chaque souffle, chaque note qu'elle offre peuvent vous plonger dans un état d’hébétude qui touche au sacré ! Ce disque, c'est le Nautilus, il vous entraîne dans les profondeurs magiques, loin du monde et de ses turpitudes. Me suis-je bien fait comprendre ? Vous me remercierez plus tard !
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos très nombreux commentaires !)

       
01 - Katie
02 - Wishing Well
03 - Dust
04 - Father
05 - Dogwood
06 - Time
07 - Oslo
08 - Wrong
MP3 (320 kbps) + front cover

Wishing very well with BM214



mardi 19 janvier 2016

BOB FORREST ~ Survival Songs [2015]


"I sleep with the TV on so I don’t feel so alone…"
C’est décidé, on ne me la fera plus celle-là. Laquelle ? Ben, l’histoire de l’ex-… (là, vous mettez ce que vous voulez : punk, hardcore, grunge, metalleux ou autre). En général, mon truc c’est plutôt punk. Ex-punk, quoi. L’ex, donc, qui tourne roots-rocker solo acoustique et tout le tintouin. En un bref instant de lucidité envers moi-même et la mono-maniaquerie qui m’attire vers ces innombrables tordus, j’ai décidé que, merde alors ça suffit ! Ces moments (de lucidité s’entend) sont rares chez moi, c’est bien pour ça que je vous prends à témoin. Et là, ça tombe bien parce que le Bobby en question coche toutes les cases : la voix atypique, la gueule burinée, le chapeau, les cheveux longs, les lunettes, l’humour féroce et auto-destructeur, les textes tournant autour, au hasard ici, de la coke et l’hero. Concernant la dope, le gars est allé au bout mais a miraculeusement pu en revenir pour nous en parler. Il en a fait son boulot d’ailleurs, d’en parler et d’aider les gens comme lui, mais on s’éloigne là. Enfin, on s’éloignerait si ce disque parlait d’autres choses. "Mes dents sont si pourries que j’peux même plus mâcher mes céréales préférées" : faut lui concéder ça à Bob, on a déjà lu moins parlant et plus moralisateur. S’apitoie pas non plus sur son sort, chacun appréciera. Son passé musical tourne lui autour de loustics qui me font pas monter au plafond, ça va m’aider dans ma rédemption. Il paraît qu’il reprend ici des morceaux de ses précédents groupes, ça nous fait une belle jambe. Bah, ceci-dit c’est pas si mal tiens… Oui, parce qu’en fait, je l’écoute au moment-même où je vous en parle. C’est la deuxième écoute. J’arrive au dernier morceau, c’est pas trop tôt. Merde, attendez un peu, ça m’avait pas frappé la première fois, mais cette voix féminine, nom de dieu de bordel de merde… Stop ! Arrêtez tout, arrêtez tout je vous dis, et surtout ne me faites pas confiance ! Oubliez tout ce que vous venez de lire et écoutez ce disque toutes affaires cessantes. On a tous besoin de trucs pour survivre, Bob Forrest avait sans doute besoin de Survival Songs. Alors non, bien sûr, le mec n’a pas inventé l’eau tiède, mais vous le connaissez, vous, le mec qui a inventé l’eau tiède ? 
Everett W. GILLES (Merci d’avance pour vos commentaires !)
P.S. : Le gars Bob ne fait même pas du neuf avec du vieux - et on s'en fout ! Il fait et c'est plus que beaucoup. En période de crise, les troubadours reviennent toujours au galop : il parait, en ce moment, un disque de folk blues toutes les demies heures, alors pourquoi lui ? Sur le premier titre, tel un pitbull enamouré, il prend à la gorge; ensuite, il prend aux tripes. Je ne suis même pas certain de pouvoir expliquer ni pourquoi ni comment. Je crois qu'il a le truc (le grand truc) et voilà. Ces chansons de survie, il les a composées pour lui, mais, coup de bol, elles peuvent fonctionner pour tout le monde. Je ne vais pas vous implorer, mais vous auriez grand tord de passer à côté. Le type n'a peut-être pas inventé l'eau tiède, comme l'écrit l'ami Everett, mais son disque est plein de larmes chaudes (même s'il demeure toujours digne). Ce n'est rien d'écrire que ça réconforte.
Jimmy

01 - See That My Grave Is Kept Clean
02 - Song Of The Songs
03 - Cereal Song
04 - Sammy Hagar Weekend
05 - Looking To The West
06 - Body & Soul
07 - Off-Street Parking
08 - Lena Horne Still Sings "Stormy Weather"
09 - Not Going To Do It Again
10 - Anymore
11 - You've Gotta Be Kiddin' Me
12 - Elvis, We Are Waiting For You!
13 - Truth, Chaos & Beauty (Peace In The Valley)
MP3 (320 kbps) + front cover
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