Il existe aussi des petits Prince en Angleterre. Cet album m’a semblé passer bien trop inaperçu, alors qu'il demeure, pour moi, l'un des meilleurs albums de soul & funk que je possède. Premier opus du groupe, il délivre une qualité et un style déjà bien maîtrisé par l’expérience de dix années à écumer les salles de concert en Albion. Dès les deux premiers titres, le message des cuivres et de la voix haut perchée est clair, Minneapolis n’a pas l’exclusivité de ce type de sons. Puis la mutation arrive, les influences se démasquent derrière la caractéristique saturation de la basse qui résonne comme un blues tordu à la Black Keys. La voix est insaisissable, funk aigüe, soul crooneuse, vocodée, elle nous fait voyager. Bristol est soudain là. On croit croiser Tricky sur You don’t know ou Portishead sur Doing Fine et, surtout, le si superbe Brukpocket’s lament. J’apprécie moins les dérives rock un peu lourdingues de In the morning ou Dignity. On se demande ce qu’aurait donné une reprise de l’imparable Girl par Pharell Williams, un surdosage du style Happy ? Cela laisse rêveur, pile l’atmosphère cinématographique du morceau de clôture. L’album suivant : The House that dirt built (2009) est peut-être davantage abouti, sonnant plus soul, et le troisième et dernier : The Glorious dead (2012) m’a semblé presque trop bien fait, décalé de cette adorable impression "vintage - fusion" des précédents, mais j'adore néanmoins ces trois disques.
SORGUAL (Merci d'avance pour vos commentaires !)
01 – That Kind Of Man
02 – Coleen
03 – Set Me Free
04 – You Don’t Know
05 – Girl
06 – Doing Fine
07 – In The Morning
08 – Brukpocket’s Lament
09 – Dignity
10 – Who Needs The Sunshine
MP3 (320 kbps) + artwork

