Une
femme de minotier délaissée s'ennuie mortellement dans la petite
ville de Mtsensk entre mari falot et impuissant, beau-père
garde-chiourme, chez qui seuls les champignons (et sa belle-fille)
semblent encore pouvoir déclencher une émotion, et ouvriers
ivrognes, tous soudés dans une communauté oppressante. Jusqu'à ce
qu'apparaisse le beau, le grand Sergueï... Pour vivre sa passion
aveugle, Ekaterina Lvovna Izmaïlova ira jusqu'au (double) meurtre
avant de prendre la route d'une Sibérie qu'elle n'atteindra jamais,
accompagnée de son amant complice, veule et volage et escortée par
les spectres de ses victimes, qui la tourmentent.
L'oeuvre, créée en 1934, rencontre d'abord un grand sucés auprès du
public soviétique et étranger. Mais un article anonyme
(probablement écrit par Staline lui-même, qui avait assisté à une
représentation deux jours auparavant) est publié dans l'édition du
28 janvier 1936 de "Pravda" ("La Vérité"), qui
dénonce un "chaos gauchiste" et s'horrifie d'une musique
qui "caquète, ahane, halète". Car l'orchestre, oui,
mouille, (dé)bande ("c'est une musique cochonne - des bouffées
de désir physique, et çà y va, et ça y va !" - Sergueï
Prokofiev), gémit, tangue, chavire, offrant une fascinante et
bouleversante "pornophonie" dans laquelle finit par se
noyer une femme aimante qui (se) brûle d’être aimée.
Shostakovich et son librettiste font de Ekaterina une victime et une
héroïne tragique bien éloignée de la dérisoire "Lady
Macbeth au village" de Leskov, dont la nouvelle inspira le
livret d'un chef d'oeuvre d'opéra mêlant inextricablement le
trivial et le sublime, le grotesque et la grandeur. Car voyez-vous
"avec les jeunes épouses, ceci cela -
s'il vous plaît, rendez-vous, sauce provençale"(en
français dans le texte)...
AREWENOTMEN? (Merci d'avance pour vos commentaires !)
ACT I
ACT II
ACT III
ACT IV
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