vendredi 12 juin 2015

IKE & TINA TURNER ~ Workin' Together [1970]


Les prodiges sont rarement de gentils garçons. Toute son existence, Ike Le Magnifique a traîné une réputation de tyran. La perfection ne s’acquière pas en enfilant des perles. Ike était un maniaque et ça s'entend. Jamais personne n'a trouvé un aussi subtile dosage entre rhythm'n'blues, soul et rock, et nul n'a su offrir un équilibre plus merveilleux entre prouesses techniques et rendus émotionnels. La pauvre Tina fut peut-être secouée un peu fort, à quelques occasions, n'empêche qu'après avoir fuit son homme aucune de ses chansons n'arrivera aux doigts de pieds (la cheville était beaucoup trop haute) des splendeurs d'antan. Les originaux comme les reprises (combien se sont attaqués aux Beatles ou à Creedence en réussissant à leur mettre une telle ratatouille ?!) frappent au cœur de la cible au millimètre près sans que la forme ne réduise l'impact phénoménal du fond. Rarement une musique aura été si totalement aphrodisiaque ! Les extraordinaires giclées de guitares, les feulements extatiques de la belle, les contrepoints sournois des divines Ikettes : tout ici hurle au génie érotique ! Sur la sublime pochette, on voit que le couple maudit n'est pas là pour rigoler, non, il est venu pour jouir : c'est autrement important ! Ce disque est de la fièvre coulée dans la cire, si vous ne l'avez pas, c'est qu'il y a un truc qui déconne méchamment dans votre discothèque !
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)

             
01 - Workin' Together
02 - (As Long As I Can) Get You When I Want
03 - Get Back
04 - The Way You Love Me
05 - You Can Have It
06 - Game Of Love
07 - Funkier Than A Mosquita's Tweeter
08 - Ohh Poo Pah Doo
09 - Proud Mary
10 - Goodbye, So Long
11 - Let It Be
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jeudi 11 juin 2015

CLAUDE DEBUSSY ~ Pelléas et Mélisande (solistes, Wiener Philharmoniker, dir. Claudio Abbado) [1992]


Cherchant son chemin, le prince Golaud a trouvé, perdue dans la forêt, Mélisande en pleurs au bord d’une fontaine. Il a épousé cette femme énigmatique - on ne sait "ni son âge, ni qui elle est, ni d’où elle vient" - et il l’a amenée en Allemonde, royaume de son grand-père, Arkel. Pelléas, le demi frère de Golaud, va découvrir l’amour avec Mélisande. Ils y perdront la vie. Torturé par la jalousie, Golaud assassine Pelléas. Mélisande s’éteint après avoir donné naissance à une fille…


Mélisande, emperruquée et entreprenante, plaquée et pratiquement violée par son mari contre une Jaguar, animal sombre rodant sur le plateau; Golaud, le mari, emmenant Pelléas, l’amant, en virée nocturne et le poussant à la débauche… il n’en fallait pas davantage pour déclencher des huées à l’apparition du metteur en scène, Christophe Honoré (le cinéaste) à l’issue de plus de trois heures d’une représentation de Pelléas et Mélisande de Claude Debussy à l’Opéra de Lyon, vécue dans la perplexité d’abord, l’agacement ensuite, une émotion poignante enfin.















"Il est midi, j'entends sonner les cloches et les enfants descendent vers la plage pour se baigner. Tiens, voilà notre mère et Mélisande à une fenêtre de la tour" : sur la scène, nulle tour, nulle plage, pas de cris joyeux d’enfants, mais une rue triste plongée dans la nuit. Le royaume d’Allemonde, celui des forêts profondes et des eaux mouvantes ? Réduit à un décor urbain muré, cloisonné. Et au fond qu’importe ? Ou plutôt, tant mieux ! Car une représentation fidèle au livret symboliste du poète Maeterlinck confinerait aujourd’hui au ridicule (époque médiévale en carton-pâte où vous imaginez Mélisande, telle une Raiponce des temps anciens, penchée à la fenêtre de sa tour et déroulant sa chevelure jusqu’au sol pour que son amant puisse s’y envelopper ?). Et la stylisation élégante (à tendance kitsch distingué avec Bob Wilson) et elliptique souvent de mise à notre époque ne fait que fuir, éluder, masquer. Tant mieux donc si les libertés prises avec le texte nous donnent mieux à voir ce qui se joue : un drame sanglant dans un monde glacé. Ce réalisme brutal forge des images qui cognent la rétine, forcent l’entrée de la conscience pour mieux s’y incruster.


"Je ne pourrai plus sortir de cette forêt ! Dieu sait jusqu'où cette bête m'a mené. Je croyais cependant l'avoir blessée à mort; et voici des traces de sang ! Mais maintenant, je l'ai perdue de vue; je crois que je me suis perdu moi-même…" Je vous laisse pénétrer dans cette forêt enchantée bien que menaçante, dans ces eaux noires et insondables…
AREWENOTMEN? (Merci d'avance pour vos commentaires !) 

MP3 (320 kbps) + artwork & livret


mardi 9 juin 2015

Pour la beauté du geste (feuilleton électrique) par Jimmy Jimi # 89


89. NO CHANCE [LOU REED]

   J'ignore pourquoi mais, partout, il semblerait que les gens doivent absolument se remettre de leurs émotions (sous peine de je ne sais quoi). Avec Olympia, nous fîmes tout ce qui était en notre pouvoir pour continuer à baigner dans les nôtres, et c'est avec délice que nous retrouvâmes cette chère villa pour la première répétition de la rentrée... Mais j'entends le lecteur qui s'impatiente toujours davantage : « Assez d'atermoiements et de digressions, il arrive quand, ce nouveau chanteur ? »

   Il nous fallut patienter encore cinq mois, mais il débarqua au moment où nous n'osions quasiment plus l'espérer. Richard était le voisin de la marraine de la meilleure amie de la nouvelle copine de Cyril – ou un machin dans ce goût-là ! Selon cette dernière, il chantait comme un jeune dieu (rien que ça). Dès qu'il entra dans la pièce, Isidore eut un geste de recul, puis il me souffla : « C'est quoi cet olibrius déguisé en Robin des Bois sportif ? » L'habit est sensé ne pas faire le moine, n'empêche qu'un chanteur en polo Lacoste vert – j'étais d'accord avec Isidore –, ça faisait plutôt mauvais genre !
   Chris lui demanda quels groupes il aimait en particulier. Le gars répondit benoîtement qu'il adorait les Beatles. Quand Polina lui proposa de pousser un peu plus loin, il nous avoua qu'il possédait également quelques disques de John Lennon et de Paul McCartney. Un temps, je crus qu'il voulait faire de l'humour mais, en vérité, il ne connaissait rien d'autre et, chaque fois que nous tenterons de lui faire écouter autre chose, il ânonnera toujours la même réponse : « Ouais, c'est pas trop mal, mais ça vaut pas les Beatles. » C'est une sorte de miracle qu'il ne soit pas parvenu à nous gâter le goût...
   Nous nous mîmes en place sans y croire une seule seconde. Je le revois encore, grand dadais timide, planté comme un piquet devant le micro et tenant maladroitement mon texte en main. Et puis, il ouvrit grand la bouche. Et puis, le monde bascula...
   A défaut de jeune dieu, « Robin des Bois » chantait comme un David Bowie en un peu plus « mâle ». Sans jamais donner l'impression de forcer (il paraissait même embarrassé d'avoir autant de talent), il atteignait les notes les plus hautes comme les plus profondes. Polina tomba amoureuse avant le premier refrain et, à la fin de la chanson, il me sembla que les frangins se retenaient d'aller lui baiser les pieds.
   Olympia lui demanda ce qu'il pensait des paroles. Il la regarda d'un air niais avant de répondre qu'il les trouvait : « sympas » (le pire des faux compliments). Ce fut la première et l'unique fois où il daigna en dire un mot (un seul !), et il ne fut jamais plus loquace en ce qui concerne la musique.

   Une petite voix intérieure m'accusa de jalousie. Je lui assénai un méchant coup de tambourin sur l'occiput et ne l'entendis plus moufter !

   Malgré les réticentes d'Olympia (que je fus sans doute le seul à sentir filtrer) et les grimaces d'Isidore, le gars fut enrôler sans l'ombre d'une concertation.

   Richard refusa poliment de passer la soirée en notre compagnie, comme il le fera toujours par la suite...

   « Nous tenons enfin notre chanteur, hurla Guillaume dès qu'il fut parti, nous allons enfin pouvoir décoller !
   – Décoller pour foncer droit dans le mur, lui répondit Isidore. Je pense que nous sommes tous d'accord pour admettre qu'il possède une voix merveilleuse, mais vous allez faire comment le jour où il voudra monter sur scène avec son polo vert ? Ce grand nigaud ne sait même pas que le vert est proscrit pas les artistes (comme par tous les gens de goût, soit dit en passant).
   – Il suffira juste d'instaurer un code de couleurs, imagina Polina, vu notre nombre, c'est une obligation si on veut pas ressembler au Big Bazar !
   – J'espère que vous avez également pensé à un code passionné de musique, très chère, parce que je suis certain qu'il ne possède pas vingt disques dans ce qu'on ne peut même pas appeler sa collection... Je ne comprends pas qu'il ne vous ai pas sauté aux yeux que ce type ne vous ressemble pas et qu'il n'est pas fait pour la bande.
   – Toi non plus, tu nous ressembles pas : tu vouvoies tout le monde, tu portes des costards trois pièces, tu préfères le jazz et le classique au rock et, pourtant, tu fais parti de la bande et on t'adore tous ! Richard a l'air timide, c'est sa première expérience en groupe, tu pourrais peut-être lui laisser une chance avant de le juger. »


   Une chance ? Aujourd'hui, le mot résonne comme le cri d'une petite fille mangée par un incendie... 


lundi 8 juin 2015

LIZZY MERCIER DESCLOUX ~ Lizzy Mercier Descloux [1984]


On avait connu Lizzy à New York folâtrant avec Patti Smith, Richard Hell ou Jean-Michel Basquiat (qui lui dédiera son Another world sur Blank Generation) avant de la retrouver au Bahamas, puis au milieu des "gazelles" Sud Africaines effarouchées par les phares des bagnoles de police. Cette fille aimait les voyages, les rencontres et l'éclectisme musical ne l'effrayait pas. La majorité, hélas, n'alla pas plus loin que le tube et manqua donc ce magnifique album (qui reçu le Bus d'Acier) léger et coloré même quand il traite des sujets les plus graves. On retiendra qu'il fut enregistré deux ans avant le Graceland de Paul Simon. On est également en droit de le trouver beaucoup plus touchant.
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)    


01 - Pénélope
02 - Confidente De La Nuit
03 - Mais Où Sont Passées Les Gazelles ?
04 - Dolby Sisters Saliva Brothers
05 - L'Éclipse
06 - Les Dents De L'Amour
07 - Wakwazulu Kwezizulu Rock
08 - Momo
09 - Cri
10 - Queen Of Overdub Kisses
11 - Sunjive
12 - Tous Pareils
MP3 (320 kbps) + artwork

samedi 6 juin 2015

ARTISTES DIVERS ~ Le Rock D'Ici - Volume 15 (par Zocalo) [HMC. 2015]


Nous étions tous éreintés. Vouloir tracer d’une traite, sans aucune étape, de Tijuana à Guadalajara était pure folie. Mais le plus épuisé de nous tous, c’était le vieux combi Volkswagen d’au moins un million de kilomètres que nous avions échangé à San Diego contre La Winchester que Michel avait gagné au poker et deux bouteilles de Beaujolais bio que j’avais eu tant de mal à faire entrer aux U.S. Jamais, je n’avais vu une bagnole fumer autant. Du métal en fusion. Même les pneus sentaient le brûlé. C’est donc à l’approche de Culiacàn que nous avons littéralement échoué dans cette bodega crasseuse, nous jetant sur les cervezas glacées comme des naufragés sur une bouée de sauvetage. Dans le fond de la pièce, il y avait là trois, quatre musicos qui jouaient comme s’ils étaient seuls une musique bizarre qui tenait autant des mariachis que du baloche à neuneu. La chaleur, l’alcool et la fatigue m’embrumaient la tête, et je suis incapable de vous dire comment je me suis réveillé aux côtés de Carlita, la chanteuse du groupe. Quelle situation ! Sans aucun souvenir de la soirée précédente, c’est au prix d’un effort inouï que je rassemblai mes vieux souvenirs d’espagnol d’où émergèrent des borborygmes en forme de "senorita", "como esta ?" et autres "que paso ahier ?" Carlita me laissait m’enfoncer dans le plus profond ridicule, et quand je me tus enfin, elle lâcha cette estocade définitive qui acheva de m’engloutir de honte : "Te fatigue pas, Cabron, nous sommes tous de Quimper, nous tournons au Mexique." Car, enfin, il est vrai que les musiciens français qui chantent en espagnol sont plus nettement attirés par l’Amérique latine que par la Sagrada Familia. Certains s’en sont fait une spécialité : Manu Chao, Sergent Garcia, Plaza Francia (qui n’est pas dans la compilation). Pour d’autres, c’est une incartade, presque un accident, quelquefois la recherche de ses racines (Olivia Ruiz, Nathalie Cardone (j’ai mis deux N dans le nom du fichier, il faudra corriger)). Et puis il y a les obscurs, les sans-grades, ceux qui chantent espagnol avec l’accent de Bobigny, les punks de passage, les rockers qui passent en force (Inti, Los Carayos, Les Caméléons). Ce sont vers eux que va ma préférence car chanter en espagnol est pour eux une autre façon d’exprimer leur différence, de combattre le système, de hurler leur révolte. El pueblo unido jamas sera vencido, c’est bien connu.
ZOCALO (Merci d'avance pour vos commentaires !) 



01 - LA BELLE IMAGE - La Trucha Del Titicaca
02 - LES CAMELEONS - Soledad
03 - CHIHUAHUA - Hombre De Noche
04 - MARCEL ET SON ORCHESTRE - Noche De Accion
05 - BIG MAMA - Bala Perdida
06 - NUCLEAR DEVICE - Aguita De Ciudad
07 - LOS CARAYOS - Oscar Tramor
08 - SHAKA PONK & BERTRAND CANTAT - Palabra Mi Amor
09 - NATHALIE CARDONE - Hasta Siempre
10 - TARMAC - Inùtil
11 - CECILE CORBEL - Hija Mia
12 - NOUVELLE VAGUE (Avec OLIVIA RUIZ) - Mala Vida
13 - MATMATAH - La Serpeta Del Barrio
14 - SKUNK - Indios De Barcelona
15 - LO'JO - Magdalena
16 - INTI - Pachamama
17 - ZAZ - Historia De Un Amor [Live]
18 - LES NEGRESSES VERTES - Hasta Llegar
19 - OLIVIA RUIZ & DIDIER BLANC - Quedate
20 - SERGENT GARCIA - Acabar Mal
21 - MANU CHAO - Clandestino
22 - MASS HYSTERIA, NADIA, YASMINA NID EL MOURID, LO'JO TRIBAN - Corazones Olvidados (Saetas Dulces)
23 - LES TETES RAIDES - Barcelona
24 - HOT PANTS - Rosamaria
25- TRIANGLE - Con Nosotros [Version Espagnole]
26 - HUBERT-FELIX THIEFAINE - Pulpe, Mescal Y Tequila
27 - LA BELLE IMAGE - La Guanena
MP3 (320 kbps) + front cover
Fier de notre savoir faire avec BM135



vendredi 5 juin 2015

THE FLESHTONES ~ Up-Front [E.P.] [1980]


"Yeah, hey, shalalala !"’
Le deuxième plus grand disque de toute l’histoire des 80’s ne contient que cinq titres, normal, c’est un E.P. Un, vous connaissez déjà, pas la peine d’en dire plus cette pochette violette et bleue vous parle autant que La Joconde. Le 320, c’est cadeau, ça me fait plaisir. Deux, vous découvrez et comme cela fait déjà trente secondes que vous écoutez The Girl from Baltimore, vous sautez partout dans la salle à manger comme un lapin shooté au Stanozolol. Pan, ça y est, z’êtes collés au plafond ! Si par malheur, vous n’entrez dans aucune de ces catégories, le bonjour chez vous, avec un peu de chance, en 2015, Yes se reforme ! Mais, me direz-vous, pourquoi diable nous parles-tu de cette bombe aujourd’hui ? Ben, c’est simple, courant juin les 'Tones sortent un single à l’ancienne, "Double A-side"’ comme ils disent, pas un morceau plus important que l’autre. Le premier s’intitule : I Surrender,  le deuxième, tout simplement : Dominique Laboubée. Si ça se trouve, Zaremba, il nous lit en cachette. En tout cas, je me suis dit que cette info méritait une dépêche. Et en attendant sa sortie, je connais une fille, elle vient de Baltimore...
Everett W. GILLES (Merci d'avance pour vos commentaires !)



01 - The Girl From Baltimore
02 - Cold, Cold Shoes
03 - Feel The Heat
04 - Play With Fire
05 - The Theme From 'The Vindicators'
MP3 (320 kbps) + artwork

jeudi 4 juin 2015

MONKS ~ Black Monk Time [1966]


Malgré les frusques et la tonsure, nos Moines ne donnaient pas exactement dans le catholic rock (il y a des gens à qui ont a oublié de dire que le rock est la musique du diable) ! Leur monastère devait étrangement ressembler à un garage débordant d'amplis à lampes, de guitares connectées à des pédales fuzz et d'orgues grinçants. Si les Monks  affectionnaient le joli barouf propre aux garagistes sixties, ils n'en n'oubliaient jamais la mélodie ni les harmonies vocales un tantinet brindezingues (une de leurs grandes spécialités). Si cette album n'est peut-être pas absolument indispensable, il est tout de même extrêmement réjouissant, et je ne saurais trop vous conseiller de venir vous y brûler les oreilles.   
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)        


01 - Monk Time
02 - Shut Up
03 - Boys Are Boys And Girls Are Choice
04 - Higgle-Dy-Piggle-Dy
05 - I Hate You
06 - Oh, How To Do Now
07 - Complication
08 - We Do Wie Du
09 - Drunken Maria
10 - Love Came Tumblin' Down
11 - Blast Off
12 - That's My Girl
13 - I Can't Get Over You
14 - Cuckoo
15 - Love Can Tame The Wild
16 - He Went Down To The Sea
MP3 (320 kbps) + artwork
De drôles de paroissiens avec BM133



mercredi 3 juin 2015

RODRIGUEZ ~ Coming From Reality [D.R.] [1971]


La saga du rock déborde d'histoires d'overdoses, de suicides et autres joyeusetés du même tonneau. Heureusement, un conte de fée comme celui vécu par Rodriguez rattrape un peu toutes ces horreurs. Je ne vais pas vous résumer l'affaire, je suppose que vous avez lu suffisamment d'articles sur le sujet, et j'espère que vous avez vu le formidable film... Coming from reality est tout aussi émouvant que son prédécesseur, il prouve que Cold fact n'était pas un simple état de grâce. Il nous persuade que nous sommes en présence d'un artiste majeur (et, aujourd'hui, on écoute ses merveilles comme si on les avait toujours connues). Rarement, une voix aura été aussi expressive (à la fois puissante et émouvante). Elle prend au cœur en un couplet et ne vous lâche plus jusqu'au final. Que ses albums connaissent une suite ou non n'a finalement que peu d'importance...
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)      



01 - Climb Up On My Music
02 - A Most Disgusting Song
03 - I Think Of You
04 - Heikki's Suburbia Bus Tour
05 - Silver Words
06 - Sandrevan Lullaby - Lifestyles
07 - To Whom It May Concern
08 - It Started Out So Nice
09 - Halfway Up The Stairs
10 - Cause
11 - Can't Get Away [Bonus Track]
12 - Street Boy [Bonus Track]
13 - I'll Slip Away [Bonus Track]
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La réalité dépasse la fiction avec BM132





mardi 2 juin 2015

Pour la beauté du geste (feuilleton électrique) par Jimmy Jimi # 88


88. BREAK ON THROUGH (TO THE OTHER SIDE) [THE DOORS]

   Liberté totale !

   Il aura suffit que je jure (sur la tête de Lou Reed !) que j'allais suivre assidûment des cours particuliers de français, avec un vieux professeur à la retraite qui venait d'emménager dans l'immeuble, pour que mes parents acceptent que je reste tout le mois d'août à Paris avec Olympia.

   Nous fîmes des courses le premier jour, puis nous nous enfermâmes dans la villa chancelante prêtée par Alphonse. Ce fut sexe, sexe (car c'était notre drogue) et rock'n'roll (ça pourrait également coller dans la parenthèse précédente) !
   Le jour pouvait détruire la nuit, la nuit diviser le jour, comme le chantait Jim Morrison, nous nous en moquions prodigieusement : nous avions jeté les pendules par-dessus bord pour nous aimer au seul rythme des changements de faces.
   La traversée du miroir se fit davantage dans les éclats de rire et les déflagrations de guitares que dans les morceaux de verre.
   La grande aventure débuta dans une immense baignoire débordant de mousse parfumée (aujourd'hui encore, je ne peux respirer l'odeur d'une violette sans saigner du nez !). En écho à Bryan Ferry, ma sirène criait des : « Love is a drug for me » qui faisaient chanceler ma raison.
   « Et après ? s'impatiente déjà le lecteur libidineux. » Oh ! après, ce fut mieux qu'un best of de l'amour, plus délicieux qu'un greatest hits de la passion, mais carrément le lourd coffret avec l'intégrale plus trois copieux cd's d'inédits (et pas des fonds de tiroirs quasi inaudibles) ! Je pense que la métaphore saura vous parler.
   C'est fou tout ce qu'on peut apprendre d'un être quand on est nu et amoureux : les mots deviennent inutiles : tout se passe au milieu des ondes...

   Je me souviens qu'Olympia ondulait suavement sur le Cosmic dancer de T. Rex, quand la maudite sonnerie duléphone troubla mon extase. Alphonse m'annonça qu'il rentrait le lendemain... La villa pencha encore davantage... Dehors, il existait donc encore un autre monde ; la galaxie avait survécu à nos râles sauvages. Comment était-ce possible ?


   Nous rangeâmes à la hâte tout notre merveilleux petit désordre avant de retourner à notre point de départ dans la mousse à la violette – comme si demain ne devait pas exister... 

 

lundi 1 juin 2015

COUNT BASIE ORCHESTRA ~ The Complete Atomic Basie [1957]


Cet album, c'est du swing atomique ! Je sais, l'introduction est trop facile, il va falloir que je m'améliore sur la suite... Le swing est un style de jazz, mais c'est bien davantage encore : une formule magique que même les plus grands jazzmen se sont toujours refusés à définir. Certains comprendront, tandis que d'autres passeront totalement à côté; quelques-uns en feront un style de vie, alors que beaucoup s'en ficheront totalement... Si la perfection n'est pas de ce monde, ce disque s'en approche dangereusement. Chaque note tombe exactement en place même si (et c'est heureux) ce n'est pas toujours là où on l'attendait. Est-ce la musique que l'on entendra quand un cinglé appuiera sur le gros bouton rouge ou celle qui ressortira du chaos lorsqu'il s'agira de tout reconstruire ? La question reste ouverte. Il faudrait un énorme pavé pour décrire tout ce que cette musique suggère et plusieurs chapitres pour conter la richesse des arrangements de Neal Hefti. Ici, le terme "grande musique" ne serait pas galvaudé. Si j'ai bien compté, ils s'y sont mis à dix-huit (quatorze instruments différents en considérant une voix et la baguette) pour faire décoller cette infernale fusée, avec un seul mot d'ordre : le swing (on y revient). Evidemment, les fans de jazz possèdent ce chef-d'oeuvre; je m'escrime uniquement pour essayer de sauver la peau des malheureux qui n'ont jamais sentis l'effet d'une véritable explosion dans leur salon. Bonne chance, les gars, on se retrouve dans une autre vie !
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)            



01 - The Kid From Red Bank
02 - Duet
03 - After Supper
04 - Flight Of The Foo Birds
05 - Double-O
06 - Teddy The Toad
07 - Whirly Bird
08 - Midnite Blue
09 - Splanky
10 - Fantail
11 - Li'l Darlin'
12 - Silks And Satins [Bonus Track]
13 - Sleepwalker's Serenade [Alternative Take - Bonus Track]
14 - Sleepwalker's Serenade [Bonus Track]
15 - The Late Late Show [Bonus Track]
16 - The Late Late Show [Vocal Version - Bonus Track]
MP3 (320 kbps) + artwork
Atomic swing with BM131