jeudi 26 mai 2016

NEIL YOUNG ~ On The Beach [1974]


Naïvement, je pensais que qui aimait bien châtiait bien, mais ça ne semble pas valable pour Neil Young. A chaque nouvel album, la presse et les fans continuent de faire semblant de s’enthousiasmer avant d'oublier le disque à jamais après une ou deux (pour les plus courageux) écoutes. Cela fait si longtemps que Neil Young ne m'a pas ému que j'en ai oublié le nom de son dernier bon disque. Ces albums ne sont pas mauvais, ils sont pires : tellement ennuyeux et inutiles. On dirait un imitateur pressé de rendre sa copie avant de se jeter sur une autre qu'il bâclera aussi rapidement. Vous allez me dire qu'il n'est pas le seul ancien à ne pas tenir la distance par rapport à ses chefs-d'oeuvre d'antan. Certes, mais les autres se laissent oublier de temps à autre. A ce rythme, la discographie de Neil Young comprendra bientôt autant de navets que de splendeurs. Il m'énerve tant que j'en oublierais presque de réécouter tous ses grands et beaux disques. Ici, la pochette annonce la couleur, tout le contraire de "sous les pavés la plage", c'est sous la plage les pavés et les bombes, et les titres ne démentent pas : See the sky about to rain, Revolution blues, Vampire blues, Ambulance blues (adroitement pompée sur le Needle of death du génial Bert Jansch !) Cela ne rigole pas des masses ! Pour autant, je n'échangerais pas une seule de ces chansons cafardeuses contre tous les Le Noise ou Psychedelic Pills que vous voudrez. En trois mots et guère plus d'accords, le bonhomme vous expédiait dans une troublante extase. J'ai l'impression qu'il a perdu la formule magique ou que ses vieux yeux la relisent trop vite et à l'envers. 
Jimmy JIMI (Merci d'avance pour vos commentaires !)



01 - Walk On
02 - See The Sky About To Rain
03 - Revolution Blues
04 - For The Turnstiles
05 - Vampire Blues
06 - On The Beach
07 - Motion Pictures
08 - Ambulance Blues
MP3 (320 kbps) + artwork


14 commentaires:

Everett W. Gilles a dit…

Yo
Je sais pas si je suis complètement d'accord avec toi ou si, tout simplement, ce que fait Neil Young ne m'intéresse pas (plus...)
En tout cas je l'écrirai ici une 150ème fois : On The Beach est quasiment le seul disque de lui que j'écoute et je l'écoute souvent et en totalité et je l'ai toujours écouté et ... ah merde j'en ai rien à cirer qu'il n'ait pas retrouvé cette flamme, celui-là il vient avec moi sur l'île déserte. Et s'il y fait froid on se chauffera en brûlant tous les exemplaires présents de Harvest !

Tiens, grâce à toi je me le remets, à la mienne !
Thanx JJ

Audrey Songeval a dit…

Le dernier que j'ai vraiment écouté et que je continue à écouter est Chrome II (qui avait en fait été enregistré dans les 70's). Et le dernier bon disque que je connais de lui serait à mon sens Sleeps with angels. Il y a plus de 20 ans.

Même si je suis d'accord avec toi, je pense qu'on se trope de débat. On ne demande plus à un artiste ayant une telle carrière de pondre un nouveau classique. On lui demande juste d'écrire quelques chansons qui le deviendront. Maintenant, même sur les 5 ou 6 albums que j'ai écouté de lui ces 20 dernières années, je dois aussi avouer be pas avoir vraiment cherché, ni même laisse leur chance à ses chansons. C'est juste qu'un Neil Young, on sait déjà à l'avance ce qu'il y aura dedans: ces longues plages électriques, quelques ballades et une ou deux chansons avec son harmonium... Le périmètre et l'écriture restent immuablement les mêmes depuis toujours. Il peut faire de la country, un album symphonique, un truc dépouillé, il n'y a pas de surprise. Pareil pour Cohen, Dylan, Macca etc. On connait par cœur le cahier des charges. Seul compte sur la longueur qu'il y ait une ou deux chansons capables de cotoyer les anciens classiques.

Je ne crois pas qu'il faille en vouloir à ces artistes. A leur âge, Miro, Picasso et consorts n'innovaient plus non plus, ils se contentaient aussi de faire du Picasso, du Miro etc. Ont-il fait des toiles qui surpassaient celle de leur maturité artistique à 60 ou 70 ans? Si ce fut le ca, ce n'e sont pas celles dont on parle. Il y a les cinéastes qui s'en sortent mieux, je trouve. Et peut-être les romanciers, mais je ne suis pas assez experte d'un seul auteur...

En tout cas, On the Beach est aussi mon préféré.

Anonyme a dit…

Justement, en 1974, habitant à La Baule, je me le mettais en rentrant de la plage ! Ah oui, putain de disque. Le plus grand, oui peut-être ! Ne pas oublier "Harvest Moon", "Mirror Ball", "Ragged Glory", Freedom" mais tout n'y est pas bon comme sur cet "On The Beach".

Jeepeedee a dit…

Sais pas si c'est le plus grand, mais un des meilleurs en tout cas, avec Zuma et Tongiht's The Night pour moi personnellement. D'accord avec Audrey, c'est le silence radio (ou plutôt l'encéphalogramme plat) depuis Sleeps With Angels, à part que dans cette chienlit j'ai trouvé Psychedelic Pills un tout petit peu moins mauvais, la belle affaire !

Joe Fracas a dit…

Oh la! Si vous regardez bien - et lisez vos commentaires - c'est plus d'un album qui mérite le détour.... Sérieusement, même si les disques récents ont beaucoup moins d'intérêt , il y en a un paquet qui méritent d'être écoutés. Bref, Neil est un grand! On a tendance à l'oublier trop souvent.

yggdralivre a dit…

Mouais...
Je suis entièrement d'accord et je ne parviens pas à l'être.
Déjà parce qu'en lisant son autobio (pas top) on s'aperçoit que (comme souvent) on se goure de bonhomme, le mec aime les bagnoles, les trains électriques, le bon son et de temps à autres il enregistre avec ses potes... il me semble qu'il a plus ou moins toujours fait ça... au début c'était moins léché, plus brut, plus roots, c'était original, bien vu, bien senti... et cela a donné des chefs d'oeuvres.
(déjà combien sont-ils a pouvoir dire : j'ai fait un album de cette qualité, c'est à dire une musique populaire, accessible, belle qui ne cède ni aux sirènes de la facilité ni aux circés du "pour moi et mes potes c'est génial et les autres ont les emmerdes" ?)

donc, si on a cette lecture, on peut aimer par habitude, on achète le dernier neil young on sait ce qu'on y trouve, c'est beau et rassurant. Parfois plus (psychedelic pills j'adore) parfois moins (son album sur la guerre tout ça tout ça) .
et de là on peut dire que ça ronronne, qu'on se fait chier, qu'il abuse à toujours faire pareil, à reproduire le même schéma.
ou on peut dire qu'au contraire il a toujours fait ça... c'est juste nous qui ne demandons pas la bonne chose à la bonne personne, un titre comme "you and me" sur harvest moon est à la fois intemporel (foutez-le en 1970 et on crierait au classique génial) et interchangeable car comme on connaît déjà cette veine d'inspiration alors on se dit "moui bon il fait du neil young quoi".

moi j'en suis à dire ça, "mouais, il fait du neil young"
et je me trouve con, parce que c'est le même neil young qui fait du neil young qui peut m'émouvoir aux larmes.

et puis, tout de même, à un moment il expérimente il fait du rockabilly et c'était déjà pas bon, il fait des trucs avec un vocoder et c'est pas top, mais c'est vieux déjà... et là, il se fout dans une vieille cabine d'enregistrement au son pourrie... sérieux qui peut faire ça ? un artiste contemporain mais j'vois personne de connu à ce point s'amuser à sortir un tel concept...
il prend fait et cause contre une guerre, pour les paysans, il va chercher un autre producteur...
et pourtant, pourtant on continue à dire "mouais il fait du neil young c'est toujours pareil".

comme quoi, elle est mince notre distinction entre la répétition chiante et l'épure.
comme quoi le mec qui creuse le sillon, en continuant de temps à autre à tenter des trucs... bon on préfère le laisser dans nos certitudes.

je ne suis pas "pro" neil young... j'achète encore ces albums et si certains prennent la poussière, j'entends encore de belles choses, je me fais encore plaisir, j'en ressors parfois et j'y découvre des bons titres.
tiens d'ailleurs c'est marrant, on peut parfois défendre un groupe pas top mais dire "oui mais là y'a un titre ou deux qui sont énormes" au milieu d'une discographie pas glop... en revanche, dire "cet album de dylan ou du loner, certes y'a deux trois titres pas mauvais m'enfin c'est pas glop" ^^

juste, j'adore on the beach (un de seuls que j'ai en vinyl avec times fades away c'est dire)... mais là, lire "la presse et les fans" dans ton texte m'a fait me dire qu'on se trompait d'écoute. La presse (rock, littérature etc) ça reste tout de même à 90% de la litière usagée (et encore, la litière fut utile).

yggdralivre a dit…

j'ai pas trouvé comment éditer un message, donc je continue ici :)

entendons-nous bien.
c'est juste que je comprends le côté "c'est gééééééééééééééééééééénial" partout alors que plus ou moins objectivement on sait que ce n'est pas top ou que ça ne sera pas à la hauteur.
Mais, en même temps depuis quoi le milieu du XIX et les "soiristes" (le moment où les journées cherchaient à faire paraître leur avis sur les pièces le soir même de la représentation pour se vendre et donc à faire passer le contenu à la trappe) on sait que la presse ne fait pas un travail de suivi culturel (suffit de relire "bel ami" ça fout une claque quand il parle du "service culturel" de l'époque ^^) donc depuis ce temps là on sait à quoi s'en tenir, on peut y croire ou pas, mais il faut aussi s'en prémunir... je ne lis plus les avis dans la presse, je ne lis plus les quatrièmes de couvertures, j'écoute, je lis l'oeuvre et ensuite je lis les avis des uns et des autres.
Mais je comprends hein, voir autant de "presse et de fan" crier au génie sur le dernier manset qui est bâclé (ça c'est impardonnable) et pourri (ça c'est subjectif) ça m'énerve aussi.
et voir le même modus operandi se répéter à chaque nouveau neil young c'est énervant.

mais je reste persuader que contrairement à pas mal d'autres mecs, neil young a toujours fait ça... ça a toujours été pareil... et que c'est notre découverte des premiers classiques qui nous faire dévaluer des titres parfois tout aussi bon mais plus récents.
alors forcément il y a l'époque, le son, la nouveauté, l'innutrition tout ça... et là où il sonnait "dans l'époque", qu'il s'en faisait l'écho mais avec ce petit recul un brin cynique et ambigue, il nous apparaît désormais plus comme une vieille baudruche... mais tout de même sa disco passée n'est pas si géniale que ça et sa disco présente pas si pourrie que ça.

Jimmy Jimi a dit…

Merci à tous pour vos excellents commentaires.
Je me suis peut-être mal fait comprendre. Je n'attends pas que nos vieux héros me surprennent ou offrent des disques comparables à leurs chefs-d'oeuvre d'antan. Si Neil Young m'énerve tant, c'est parce que je trouve qu'il fait paraître trop d'albums, et que je l'ai trouve trop souvent bâclés. Le gars n'a pas l'air en trop mauvais état et je me dis qu'en prenant davantage de temps pour composer et pour enregistrer, lesdits albums pourraient être bien supérieurs à ce qu'il nous propose. Bien sûr qu'il fait du Neil Young (manquerait plus qu'il enregistre avec Metallica comme un que je connais!), mais je n'y entends pas le feeling qui sans donner un "After the gold rush" (mon petit préféré perso) pourrait ressembler à autre chose qu'à ces titres mal dégrossis.

Arewenotmen? a dit…

J'en suis resté pour ma part à "Harvest" et "Tonight's the night" (étonnamment pas cités dans les copieux commentaires), ainsi qu'à "Live rust"... je me rends donc sur cette plage !

yggdralivre a dit…

d'accord JJ, là je comprends mieux :)
après pour moi, il n'a jamais pris le temps, jamais trop cherché à peaufiner... un maniaque du son sans doute, mais pas vraiment de la production super léchée, pensée, repensée, il doit encore fonctionner à l'instinct et malheureusement si ça reste fonctionnel ça ne produirait sans doute plus de chez d'oeuvre.

et sisi tonight's the night est très bien.

perso, mon préféré reste harvest moon (c'est tout à fait subjectif, il y en a des mieux comme ce "on the beach" crépusculaire à souhait...) et ma douce qui pourtant n'écoute pas de musique autre que française (et encore 5 artistes) et classique, adore le son crade de "weld" ... comme quoi :)

Devant Hantoss a dit…

De chouettes commentaires que je n'ai pas pu lire en entier, manque de temps, mais j'ai pas mal avanc (à mi chemin yggdralivre)
pour l'instant je m'approche du sentiment de Audrey. Je peux vous en lister des artistes pour qui j'ai toute les clés....
Alors je prend un titre comme "Wolf Moon" et MONSANTO et je suis heureux.
J'ai ma liste de préférés comme vous, mais j'ai connu la bascul du choc "amoureux" sur un album moyen ==>l'album COMES A TIME,
peut-être comme le "IT'SONLY ROCK1ROLL3 des Stones qui a fait hurler les habitués mais moi j'adorais et j'adore.
COMES A TIME c'est le Dr JEKYLL de Neil ... MIRROR BALL son Hyde à lui (bon Neil n'est pas un monstre non plus) ... Voilà, et quand je m'écoute par exemple THE MONSANTO YEARS, Tendre mélodique ou lourd bourrin épais ça va, touto va bene...

Audrey Songeval a dit…

Je crois aussi que nos exigences vis-à-vis des anciens vient du fait que nous avons beaucoup de musique à écouter et également à réécouter. Et si c'est pour écouter le nouvel album de l'un d'eux, on veut que ça vaille le coup car à ce cmpte là, autant écoutez un vieil album de leur part ou alors une vraie nouveauté d'artistes dont on découvre seulement ce qu'ils ont dans le ventre.

Parce qu'en soi, je ne trouve pas les derniers Dylan, Cohen ou Yong si indignes. Et je préfère encore un artiste qui a encore envie de créer qu'un vieil artiste qui vit d ses rentes comme Jimmy Page, Ray Davis, Pete Townsend, Stevie Wonder, Bryan Ferry, Alex Chilton etc.
D'autre part, Jimmy, les noms que tu sites conserve en nous une flamme. Peut-on en dire d'autres grands artistes qui pourtant continue de produire mais dont finalement personne ou très peu prêtent encore attention, Des noms? Rundgrend, Peter Hammil, Clapton... Pourtant certains font encore de belles choses (David Byrne par exemple).

Et je pense que les artistes qui sont arrivés après le punk vieillissent bien mieux que leurs aînés: Mark E Smith, John Lydon, Peter Weller, les Pet Shop Boys (ben quoi, y parait que le dernier est pas mal?), Nick Cave, Costello, Westerberg etc.

Tourscher Jonathan a dit…

D'abord salut, yo, bonjour et tout le bordel.

Ça fait un bail. Bref. Rien à dire sur le disque chroniqué, il est merveilleux. Par contre, je suis plus nuancé que toi sur l'actuelle production du Loner, même si dans le fond tu as sans doute raison. Mais "Psychedic Pills" bordel! Pour moi son meilleur depuis "Ragged Glory", peut-être mon favori, ça ne s’explique pas. L'amour...

A+

nestor b a dit…

Vraiment un temps pour se poser on the beach avec le vieux Neil. Très bel album. Perso je m'y perds un peu dans tous ses disques, j'en ai effectivement écouté certains qu'une ou deux fois, pour des raisons diverses, souvent parce qu'aucune surprise n'en est sorti. Et puis il y a ceux dont je ne me lasse pas, After the gold rush (petite madeleine de Proust), le Live Rust (79), et même l'Unplugged de 93. J'aime bien aussi Americana, ce genre d'hommage à la vieille chanson n'était pas facile à faire et il l'a fait, avec son cheval fou, à sa sauce, et ça m'a plu.
Merci JJ !