mardi 31 mars 2015

Pour la beauté du geste (feuilleton électrique) par Jimmy Jimi # 81


81. MR. TAMBOURINE MAN [BOB DYLAN]

   Ils ne quittèrent leur délire que pour s'enfoncer laborieusement dans un autre. Polina fut fortement poussée par la bande de trouillards afin de m'exposer le plan sournois.
   « Il est hors de question de continuer le groupe sans toi. Si tu refuses, tant pis, on se lancera dans un fanzine ou je sais pas quoi... On va pas reparler de ta voix... par contre, on trouve tous que t'assures un max au tambourin et aux maracas...
   – Vous voulez que j'abandonne le micro pour devenir Mr. Tambourine Man ? Vous m'excuserez, mais je suis pas certain de trouver ça hyper motivant...
   – C'est pas tout, on adore aussi tes textes, tu le sais... Notre idée, c'est de trouver un bon chanteur qui écrirait pas ses paroles... On voudrait aussi t'offrir un moment particulier à la moitié et à la fin des concerts. Tu pourrais te servir de tes longs poèmes en prose, t'aurais qu'à les lires, les hurler, les murmurer...
   – Tout sauf les chanter, merci, je crois que j'ai bien pigé...»

   Entre nous, les yeux dans les mots, j'étais moins que peu motivé : je fus pris d'une grosse envie de fuir pour retourner pleurer dans le décolleté d'Olympia ! Qui voudrait être le gentil petit camarade tambourinant au fond de la scène (entre les fesses du batteur et la sortie de secours), pendant qu'un inconnu s'éclaterait sur le devant en chantant ses textes (non, pas les siens, les miens !) ? Qui souhaiterait risquer le ridicule en jouant les Antonin Artaud de pacotille hurlant de la prose abstraite en plein concert ?

   J'eus un mal fou à retenir mes larmes. Je voulais qu'ils foutent le camp de ma chambre en emportant bien loin leur projet à la khôn ! Quand un rêve se brise, je crois qu'il n'est pas nécessaire de s'entailler avec les bris de verre. Mes heures de gloire, je les imaginais désormais enroulé dans les draps d'Olympia. J'eus envie de hurler son nom à la lune, mais elle n'avait pas encore paru, et je savais que ces imbéciles seraient capables de tout abandonner si je ne les suivais pas dans leurs extravagances...


   Evidemment que je finis par accepter ! Vous avez déjà entendu parler de l'appel de la musique ? La passion l'emporte toujours même s'il lui faut casser des noix de coco sur le dos de la raison ! Je crois que je me serais contenté d'un rôle de joueur de castagnettes (avec l'élégant costume qui sied bien) pour faire parti de l'aventure!

   Je vais laisser Olympia terminer ce chapitre : « Attention ! t'imagine pas que je vais supporter d'avoir un pauvre boyfriend qui joue les utilités, je vais te faire bosser comme un dingue jusqu'à ce que tu deviennes le nouveau Jerome Green ! Pour les textes, je pense pouvoir me satisfaire de trois très belles chansons d'amour ! »

    

15 commentaires:

yggdralivre a dit…

Jouer des maracas et écrire des chansons d'amour à la femme qu'on aime... une jolie définition du bonheur ma foi !
...
ce qui est frustrant avec ce texte... c'est qu'il n'a pas de bande son !
faudrait penser à fonder le groupe, enregistrer des démos, un album, à prendre des photos...
Au besoin, ma Delorean est garée dans le couloir.

Keith Michards a dit…

Bien dit, Polina !!!!! Quel caractère !

Everett W. Gilles a dit…

Yo !
''Bring it on home, bring it to Jerome !'' qu'il disait Mc Daniels.
Casser des noix de coco ? Ca me fait penser à cette histoire du vieil hindou qui cassait des noix jusqu'à ce que sa vue baisse.

Jimmy Jimi a dit…

Hello Yggdralivre (une explication sur cet étrange pseudo?),
Je ne suis pas partisan du roman interactif, si je me débrouille pas trop mal et que tu utiles ton imagination, nous devrions nous en sortir!

Hi Keith,
C'est l'âme slave: un mélange de caractère et d'émotion à fleur de peau!

Hola Everett,
Du moment que ça n'est pas l’ouïe qui baisse!

Devant Hantoss a dit…

Inattendu, c'est le moins que l'on puisse dire. Et en plus, ça passe. J reconnais que tu prends un sacré risque à placer ton personnage de côté comme ça. Parolier? À suivre!!

Jimmy Jimi a dit…

ça ne m'intéressait pas de raconter une énième aventure plus ou moins romancée, je devais prendre des risques pour emmener l'histoire un peu plus loin...

yggdralivre a dit…

@Jimmy : c'était un compliment, je trouve que ça sonne vraiment bien, au sens musical. Jouer sur une succession de saynètes, sur le feuilletonesques c'est casse-gueule et je trouve que tu t'en sors bien. Il y a un esprit musical.
pour le pseudo, c'est juste l'Yggdrasil, qui est le nom le plus connu de l'arbre monde, que j'aime les arbres et les livres aussi :)

Jimmy Jimi a dit…

Il n'y a pas de souci, je ne l'avais pas mal pris. C'est juste une histoire de découpage, mais ça m'aide bien d'avancer d'un court chapitre à un autre.
Merci pour les infos, ça m’intéresse toujours de connaître l'origine d'un pseudo. Moi, je suis parti d'un ami imaginaire dans une nouvelle de Salinger pour arriver à celui que tu connais.

Arewenotmen? a dit…

Jimmy noue jouera peut-être du tambourin ou des castagnettes, mais certainement pas du pipeau !

Jimmy Jimi a dit…

Qui sait s'il n'y a pas de Hamelin chez moi?!

sorgual a dit…

Percussioniste chez Senor Coconut, je signe de suite ! le seul crooner en maracas ..

Jimmy Jimi a dit…

Question costume qui sied bien, tu as tapé dans le mille!

Audrey Songeval a dit…

Tu avais fait très fort ces derniers temps. Ici, pour ma part, le plus intéressant est plus dans le potentiel qu'annonce le chapitre que le chapitre lui-mêmequi n'a pas, pour lui, les trouvailles stylistiques des précédents. Mais on sent aussi que tout peut basculer dans le drame.

Jimmy Jimi a dit…

Je suis assez d'accord avec toi, la seule "trouvaille" pourrait venir de l'accélération amenée par le: "Evidemment que je finis par accepter!" Pour le drame, comme je l'ai souvent écris, il est annoncé depuis longtemps avec le chapitre "Avenue du crime", mais il va monter lentement...

Till a dit…

HI Jimmy,

Je me remets à niveau après quelques jours d'absence.
Et dans ce chapitre j'ai envie de retenir - mais forcément puisque c'est le dernier paragraphe ! - la résolution ferme d'Olympia. Au final c'est elle qui a raison. Ah Olympia...