jeudi 24 septembre 2015

DUNCAN BROWNE ~ Give Me Take You [D.R.] [1968]


Chut... Je vais vous confier l'un de mes petits secrets. Vous savez, ces disques que l'on garde près de soi parce qu'ils ont la beauté d'une confidence. Voici ce secret : Duncan Browne. Et vous voilà à votre tour porteur ou porteuse de ce petit secret qu'on ne partagerait jamais avec le premier venu, mais uniquement avec les personnes les plus dignes de confiance. Peut-être avez-vous déjà entendu ce nom côtoyé ceux de David Bowie qui le reprit, Andrew Oldham qui le recruta en tant qu’arrangeur pour son label Immediate, ou Colin Blunstone qui contribua à achever son album posthume ? Pour moi, un seul de ces noms suffirait à ouvrir le sésame de mon cœur. Si tel n’est pas le cas ou, mieux, si vous ignorez tout de sa musique, Give me take you fait partie de ses albums que l’on chérit pour la rareté de leur contenu, parce que si précieux et rare que l’on sait que nul autre ne pourra offrir pareils secrets. Et qu’y trouve-t-on pour mériter ce culte tenace autour de lui ? Une musique à la douceur lunaire, fragile et insaisissable comme le flocon de neige et pourtant si lumineuse dans les moments les plus solitaires. Un adjectif colle à cet album et qui dit tout et qui dit rien : préraphaélite. Vous ne savez pas à quoi cela peut ressembler? Alors tendez l’oreille. Vous n’entendrez presque rien. Ou alors un tout petit rien frissonnant. Ou alors, comme moi, juste un songe murmuré qui passe et qui ne cesse de vous délivrer son petit secret à chacune de ses écoutes et qui fait de vous un être différent : un confident ou une confidente. Et je compte sur vous pour faire partager autour de vous et entre les bonnes oreilles mon petit secret qui est maintenant entièrement vôtre.
Audrey SONGEVAL (Merci d'avance pour vos commentaires !)


01 - Give Me Take You
02 - Ninepence Worth Of Walking
03 - Dwarf In A Tree (A Cautionary Tale)
04 - The Ghost Walks
05 - Waking You (Part One)
06 - Chloe In The Garden
07 - Waking You (Part Two)
08 - On The Bombsite
09 - I Was, You Weren't
10 - Gabilan
11 - Alfred Bell
12 - The Death Of Neil 

13 - On The Bombsite [Single A-side, 1968]
14 - Alfred Bell [Single B-Side,1968]

MP3 (320 kbps) + artwork
Duncan in the garden with BM167 


21 commentaires:

Jimmy Jimi a dit…

Une merveille! Comme l'immense majorité des albums parus chez Immediate. Oldham (hormis son nom!) avait la classe intégrale; en plus d'être le manager des Stones de la grande époque, son label proposait des disques à l'irréprochable esthétique.

Ernesto Violin a dit…

Disque culte et splendide, en effet. La chanson titre et Chloe in the Garden collent des frissons, mais tout est bon. Très bon choix !

Devant Hantoss a dit…

Ho oui et très belle chronique. Inspirée en bonne partie par ce disque mais pas que. Le disque, je l'ai découvert grâce aux grand défricheur qu'était/qu'est P. Conte des Inrock. Je ne sais plus si il l'avait mis en "Trésor Bien caché" lors d'un chouette horssérie sur le rock.
Ce disque pourrait participer au concours jamais lancé: La musique pour le "Parlement Des fées" Puisque nous avons les images des tableaux pour inspirer.

Everett W. Gilles a dit…

Yo !
Beau texte, comme d'hab, convaincant et instructif.
On a tous des artistes ou des disques comme ça qu'on révère en ''secret''. J'ai toujours du mal à en parler (j'ai attendu très longtemps avant de partager Jurado). On sait jamais, t'es pas à l'abri de tomber sur un abruti ou un rustre qui n'apprécierait pas à sa juste valeur ...
Thanx Audrey

Chris a dit…

Un album préraphaelite?! Comme c'est intrigant...je vais suivre ton conseil alors...:)

Audrey Songeval a dit…

Bonjour à tous,

@Jimmy: Chouette photo que tuas récupéré là avec son écrureuil.
@Devant: moi aussi je l'ai découvert via les inrocks du temps où je les lisais.
@Everett: Peut-être, mais parfois, tus découvre le même abruti quelques mois plus tard qui a honte d'avoir pu se moquer de toi et de ton disque. 15 ans plus tard, il a toujours honte à chaque fois que je le passe...

Arewenotmen? a dit…

Un texte à la sensibilité toute féminine... j'aime !

Audrey Songeval a dit…

Arewenotmen, tu devrais écouter, il s'inspire plus de Bach que de Black Sabbath...

Arewenotmen? a dit…

Ach... alors en effet !

Lt. Fontaine a dit…

Le nom m'est familier, mais je ne connais pas cet album. La présentation est plus qu'alléchante, donc je vais m'y plonger dès que possible. Merci Audrey !

Anonyme a dit…

Bonsoir Audrey.
Ce soir il y a un super coucher de soleil sur les collines varoises.
Je vais monter un étage, chercher dans les "B", sortir cet album.
Redescendre dans le salon, poser la galette sur la platine, m'installer sur la terrasse, ressentir la douceur lunaire et me laisser envelopper par cette musique.
Je penserais à toi, Audrey, car je sais maintenant que je ne suis plus le seul à écouter Duncan.
PS : Peut-être verrais-je passer un écureuil dans les pins...

Anonyme a dit…

Audrey

J'ai oublié de signer mon message...
Trop presser d'entendre la voix et d'écouter les textes de Duncan.

Jean-Paul

anton a dit…

Bonjour Audrey,

Ce disque ne faisait pas parti du hors série des inrocks sur les 250 trésors cachés mais son cousin "would you believe" de Billy Nicholls avec les small faces au complet, autre trésor pop, sorti sur le même label et aussi produit par Oldham en faisait parti.

Grand disque, rien à jeter, je le compare souvent a un Nick Drake chanté avec le même phrasé qu'un Colin Blustone ou Donovan.

Tous les titres sont excellents, on the bombsite eut même un succés d'estime, pas un tube mais il eut droit à une petite entrée dans les charts anglais en 1968.

Merci Audrey pour ce disque, idem que pour Odetta, je l'ai quelque part chez moi mais je ne sais plus où il se trouve, décidément un vrai trésor caché.

Anton

anton a dit…

un petit aparté, pour Odetta, le "idem" concernait le lien posté par Jimmy, j'égare décidément beaucoup de disques, livres également !

Anton

Audrey Songeval a dit…

@Chris et Fontaine: j'espère que je vous aurais converti!

@Jean Paul l'anonyme qui ne l'ai plus: Si tu le possède en vinyle alors tu as là un beau trésor. Et il est vrai qu'avec la lettre B, il y a tellement de trésors qu'il faut fouiller un peu pour le trouver. Et tu me diras pour l’écureuil! ^-^

@Anton: C'est très étrange car Would you believe de Billy Nicholls est le disque qui m'a fait découvrir le Culb des Mangeurs de Disques (le précédent blog de Jimmy). Il pourra témoigner!

@tous: vous pouvez jeter une oreille aux autres disques de BROWNE y compris sous le nom de Métro. Même si c'est moins lunaire que celui-ci (sans pour autant être du hard rock, hein!), ces disques sont tous très bons. Celui-ci reste définitivement à part...

yggdralivre a dit…

un bouquet de fleur ma chère Audrey !

déjà parce que le préraphaélisme c'est beau.
ensuite parce que la prose est inspirée et élégante.
et enfin pour ce superbe album... que j'ai possédé (ou l'inverse)en vinyl fut un temps mais qui (et à mon avis pas du fait des fées) a disparu lors d'un déménagement.
je n'avais jamais eu le courage de le retrouver... mais là, comment résister ?

me voilà reparti en ballade dans les champs rêvés.

des bises (à tout le moins)

Anonyme a dit…

Audrey.
Pour l'écureuil…
C'est un animal qui n'est pas du soir par ici.
Après "The death of Neil", eh oui mon vinyl s'arrête là.
Le macaron central rose "Immediate" s'est immobilisé.
Une recherche dans les "The".
Pour terminer la soirée, un "Percy" et "Schoolboys in disgrace" des Kinks.
Toujours eu un faible pour "Percy".
Sinon pour l'écureuil, dimanche dernier, en plein après-midi, pendant que Robert W. chantait "Alifib", il a gravi son tronc et mangé sa pomme de pin…
Il reviendra, sur, pour Duncan...

Jean-Paul

yggdralivre a dit…

j'oubliais...
même si c'est moins "féérique" que le disque (et que les paroles), un pour accompagner : un bon thé (logique) ainsi que "titus d'enfer" de mervyn P. un autre chef d'oeuvre anglais méconnu (qui se lit celui-ci)...
seul bémol l'adéquation de ces trois éléments risque de vous faire plonger dans l'angleterre de JJ... ou de vous faire arrêter toutes activités socialisantes (autre que ce blog) :)

(pas bête les kinks derrière cet album)

anton a dit…

Audrey, j'ai toujours comparé ce Duncan Browne à "Would you believe" de Billy Nicholls, même label, même histoire, bien que ce fut bien plus difficile pour Billy Nicholls car Immediate fit faillite juste avant que le disque sorte, le disque sortit donc en version ultra limité, devient introuvable dés sa sortie, obtient son statut de disque culte ( Oldham parlait de pet sounds anglais, euh... ok pour le sens des mélodies mais le style n'est pas le même ) et revit le jour grâce à sa réédition de 1999. "Give me take you", hormis "on the bombsite" plus pop, est un album plus proche par l'esprit du folk anglais avec en plus un coté onirique et rêveur qui le rapproche du psychédélisme en vogue à l'époque.
Sacré coïncidence en effet de découvrir le précédent site de Jimmy avec le Billy nicholls, je le disais sur mon message à propos de l'album d'Odetta, je devrais me recycler dans la voyance.

Sinon, j'ai en tête 3 disques qui pourront faire le même effet que le Duncan Browne, le "tangerime dream" du Kaleidoscope anglais, le 1er Blossom toes, plus psyché, du kinks sous acide, et coté américain le "definition" de Chrysalis, je les avais, il faut que je les retrouve

Encore merci Audrey pour cet album

Anton

Le Zornophage a dit…

Celui là, je le connais par cœur et l'aime beaucoup.
J'en avais d'ailleurs parlé il fut un temps.
Belle pioche, Audrey, excellente pioche même !

madmartigan Wayne a dit…

Merci beaucoup c est magnifique ^_^