vendredi 5 février 2016

WIRE ~ 1985-1990 : The A List [C. 1993] & On Returning (1977-1979) [C. 1989]


Vers la fin des 80’s, je me rappellerai toujours ce journaliste qui, lors d’une réédition vinyle, avouait qu’il jetterait volontiers les trois quarts de ses disques pour ne garder que les trois premiers Wire. Tiendrai-je moi aussi aujourd’hui ces mêmes propos ? Sans doute pas, parce que je suis très attachée aux disques que je possède physiquement, mais sans problème avec ceux figurant sur mon disque dur. Wire, c’est l’arrogance d’un groupe qui a joué dans le noir dos au public. C’est toute la classe d’un groupe qui, entre ses morceaux, lance non pas : "one, two, three, four !" mais ce beaucoup plus classe : "un, deux, trois quatre !". C’est également une véritable galaxie où disques solo, projets collaboratifs et participations diverses et variées cohabitent avec la même ferveur comme ce devrait de le vivre tout véritable artiste qui n’aime pas se cantonner dans un petit pré carré. Aussi, je ne vais pas tenter de vous prouver la grandeur de ce groupe avec lesdits trois premiers albums, mais plutôt comment le dilemme "d’être ou avoir été" ne se pose pas chez Wire. Pour preuve, en se reformant une première fois en 1987 après quelques projets solos, le groupe avait déjà profondément changé sa musique. Pour beaucoup, elle aura perdu de son tranchant et de sa force. Sans pour autant nier ce point, je vous invite à découvrir derrière des sonorités assez datée milieu des années quatre-vingt, mais étrangement décalées quelques autres grandes chansons qu’il a continué d’écrire en explorant une voie plus électronique. Alors, je vous propose de bousculer un peu vos oreilles pour plonger dans ce son, sans doute indigne de leur contenu, avec une première compilation de morceaux concoctée à partir des votes de leurs fans et qui couvre la seconde période du groupe. Et pour les malheureux qui ne connaîtraient pas encore leurs débuts, je vous propose également une autre compilation qui couvre cette première période de 1977 à 79. En espérant qu’à votre tour, vous ayez envie de faire de la place sur votre disque dur pour accueillir cette œuvre qui continue encore aujourd’hui de grandir.
Audrey SONGEVAL (Merci d'avance pour vos commentaires !)
P.S. : vu la capacité et les prix forts modiques des disques durs, je vous conseille, plutôt, de tout garder !
Jimmy 


1985-1990 : The A List
01 - Ahead 
02 - Kidney Bingos 
03 - A Serious Of Snakes 
04 - Eardrum Buzz 
05 - Drill 
06 - Ambitious 
07 - In Vivo 
08 - The Finest Drops 
09 - Madman's Honey 
10 - Over Theirs 
11 - Silk Skin Paws 
12 - The Queen Of Ur And The King Of Um 
13 - Torch It! 
14 - Advantage In Height 
15 - Point Of Collapse 
16 - Feed Me 
On Returning (1977-1979)
01 - 1.2.X.U. 
02 - It's So Obvious 
03 - Mr. Suit 
04 - Three Girl Rhumba 
05 - Ex Lion Tamer 
06 - Lowdown 
07 - Straight Line 
08 - 106 Beats That 
09 - Strange 
10 - Reuters 
11 - Field Day For The Sundays 
12 - Champs 
13 - Feeling Called Love 
14 - I Am The Fly 
15 - Dot Dash 
16 - Practice Makes Perfect 
17 - French Film Blurred 
18 - Another The Letter 
19 - I Feel Mysterious Today 
20 - Men 2nd  
21 - Marooned
22 - Sand in my joints
23 - Outdoor miner
24 - A question of degree
25 - I should have known better
26 - Two people in a romm
27 - Blessed state
28 - The other window
29 - 40 versions
30 - A touching display
31 - On returning

12 commentaires:

Jimmy Jimi a dit…

Je sais qu'il ne faut pas tout prendre au pied de la lettre, mais, moi, ça m'a toujours énervé ces histoires du genre: "je jetterais tout pour ne garder que...", parce que c'est trop facile et totalement bidon. Pour le cas qui nous occupe, même si j'aime beaucoup Wire, il est évident que je ne débarrasserais sous aucun prétexte de mes Stranglers, Clash et autres Siouxsie (pour ne citer que quelques exemples et rester dans l'époque).
Sinon, c'est vrai que le groupe a réussi à se réinventer après sa reformation et c'est suffisamment rare pour mériter ce joli post.

Everett W. Gilles a dit…

Yo
La rançon d'un premier album tout simplement parfait : la suite ne m'a pas emballé et j'ai abandonné Wire.
Mais le Drapeau Rose continue à flotter haut chez moi !!

Audrey Songeval a dit…

@Jimmy: Pour ma part, j'aime jeté quand ça ne le vaut pas. Je veux dire quand ça ne vaut pas le temps que j'y passe que de l'écouter. Le problème du disque dur, c'est qu'on garde tout. Mais on garde tellement de trucs qu'on finit par ne rien écouter... Par exemple, tous ces bonus qu'on nous rajoute... Tout ces album qu'on a voulu faire au format CD alors qu'il y avait de quoi faire 35 ou 40mn de bonnes... etc.

Quand j'avais des K7, je faisais énormément de tri pour ne garder que le meilleur, y compris sur les albums que j'aimais bien. Moins je perds de temps à écouter des trucs moyens, plus je peux en passer soit à explorer de nouvelles choses soit à réecouter de grandes chansons.

Mais bon, d'accord que cette formule de jeter les 3/4 pour n'en garder qu'un quart est un peu bidon. Pourtant elle pose une vraie question: que restera-t-il de tout ce qu'on écoute demain, dans 10 ans, dans 100 ans?

Et d'accord avec toi pour garder tes siouxsie, stranglers etc. Mais à côté de tout ça, ne me dis pas que tu ne gardes pas des choses finalement pas toujours pertinentes et que n'écoutes même pas tous les 10 ans? Avoue...

yggdralivre a dit…

bon... je ne connais pas du tout !
pour moi wire, c'est une des meilleures série tv du monde... pas un groupe ^^
me reste plus qu'à écouter afin de vérifier s'il mérite que je foute en l'air tout le reste de ma discographie (je taquine, dans le fond je suis assez d'accord... même si je ne change pas, j'aimerais mais je reste curieux...)

yggdralivre a dit…

me revoilou...
je ne m'attendais pas à ça :)
en même temps, comme je m'attendais à rien ^^
pour le dire de manière subjective, je ne garderai pas que ce groupe, mais je comprends sincèrement que ça puisse être le cas, il y a de l'énergie, de la fougue, de l'ampleur précipitée d'avant la fin du monde, une rage communicative qui montre qu'avec des tripes, de l'envie et un peu de son on peut faire de la musique de qualité...
ça correspond bien à une période, musicale et politique, de transition.
après, en fonction de l'époque à laquelle on découvre ce groupe ça peut marquer au fer rouge les synapses (perso, si je prends un exemple, j'ai du mal à me passer de "roadrunner", pas la plus grande chanson du monde mais je l'adoooooooore plus que certaines sonates de Bach... et en avoir un peu honte me fait sourire... putain chui compliqué dans ma tête).


donc, c'est du lourd, du bon et du qui fait plaisir de pouvoir se sentir frisonner sous de telles décibels.
merci de la découverte.

Joe Fracas a dit…

Je suis passé à côté de Wire. Pourquoi? je n'en sais rien. Pas eu l'occasion de les écouter, peut-être pas assez connus?
Donc je vais voir ça. Et bizarrement j'ai quelques live d'eux et je ne suis même pas sûr des les avoir écoutés! Pourquoi? Mystère encore...

dado a dit…

Merci Audrey de raviver la flamme Wire. Et dire qu'il a fallu attendre jusqu'en 2015 pour voir un album intitulé "Wire", tout simplement. Toujours une étrange atmosphère et des mélopées envoûtantes. Du disque dur à l'auto-radio, hop !
Wire - Wire (2015) @ 320 kbps: http://www43.zippyshare.com/v/F9gtfZRK/file.html

Audrey Songeval a dit…

@Everett: Oui, Wire a évolué très vite. En fait, le groupe n'a fait quasiment que ça pendant 10 ans. Leur musique a parfois quelque chose de très cérébral que le premier n'avait pas autant. Pourtant, dans le second et le troisième ont trouve de très belles choses. Moi, j'aime encore beaucoup. J'aime leur côté "laboratoire". Ils ne cessaient de se réinventer. Pas sûr que le groupe m'aurait autant intéressé s'ils avaient décliné pendant 10 ans leur premier album comme l'ont fait certains groupes de l'époques (Cramps et Ramones en tête); On arrive à faire des étincelles en se répétant, mais aussi on devient une caricature...

@yggdravil: Contente de t'avoir fait découvrir ce chapitre essentiel du post-punk dont l'influence revendiquée se retrouve jusqu'à Rem, Pulp, Bashung et tant d'autres. Par contre, je trouve qu'il a massacré la production de Novices, surtout quand on découvre les versions live que Bashung délivrait de ses chansons (je suis preneuse de live de Bashung du Novice Tour pour ceux qui ne l'auraient pas compris ^-^ J'adore cet album malgré la carcan du son)

@Fracas: Je trouve le traitement médiatique sur ce groupe assez pitoyable quant on voit tout le tataboum qu'on peut faire sur la moindre reformation d'un groupe qui ne fonctionne que la nostalgie qu'il suscite.
Tu tiens là un groupe dont pourrait faire la story sur ton blog tellement la galaxie Wire est riche. Colin Newman a écrit quelques albums solos magnifiques. Je connais moins le travail des autres, certains ont même travaillé avec des grands noms de la musique indus, je crois. Wire , c'est vraiment le mélange de personnalités très fortes.


@dado: Je ne l'ai pas écouté. J'avais jeté une oreille au précédent qui avait été pour moi l'occasion de replonger dans leur musique , y compris sur celle que j'avais oubliée d'écouter. Si tu as des liens sur des albums solos de Colin Newman... Je n'en connais que deux: Commercial Suicide (que j'ai hésité à proposer, mais je me suis dit qu'il fallait peut-être avant parler du groupe) et It Seems.

dado a dit…

Wire était un groupe de quatre fortes individualités avec des préférences musicales différentes. C'est sans doute la raison pour laquelle leur collaboration n'a duré que sur trois albums fabuleux au début.
Newman et Gotobed ​​étaient plus orientés vers le rock tandis que Gilbert et Lewis étaient intéressés par des paysages sonores plus abstraits. Mais sans aucun doute, c'est ce mélange qui a rendu ce groupe si spécial et en avance sur le temps pendant cette période.
@ Audrey, En plus de Colin Newman [ci-dessous un lien avec 2 LP: A-Z (1980) et Not To (1982)], Graham Lewis sous le nom de "He Said" a sorti des solos intéressants. Si cela vous intéresse... en attendant le lien promis: http://www63.zippyshare.com/v/04KmbWE8/file.html

nestor b a dit…

J'accroche moins à la période 85-90, mais On Returning est une p.. de bonne compile. Wire est un des groupes dont l'inventivité m'a toujours mis k.o, au même titre (dans d'autres styles pas si éloignés) que the fall, gang of four ou the ex !
Merci Audrey pour ton billet et ces deux disques.

Audrey Songeval a dit…

@deda: Merci Dado pour les Colin Newman!!!Je ne connais rien de ce qu'a fait Lewis. A part Colin Newman, j'ai du mal à entendre la personnalité des 3 autres, non qu'ils n'en aient pas, mais je mélange les trois).

@Nestor b: D'accord pour 85-90. Mais je reste persuadée que produit différemment, ce répertoire montrerait vraiment son potentiel (comme les version Live de Novice). De manière générale, la période 77-82, notamment avec le post-punk, est certainement ma période musicale préférée. Donc touts ces groupes que tu sites font partie de ce fourmillement. Certes les années 65-69 sont grandioses, et ont produit plus de chefs d'oeuvre incontournables (pareille pour 71-73), mais en 77-82, le rock entrait dans une sorte de modernité tout en étant auto-critique de ce qu'il avait accompli. Après, même si très caricatural, à part le rap et les mouvements techno/electro (des mouvements sur lesquels je suis plutôt passée à côté), on peut dire que le rock n'a fait que grandir en se recyclant.

Jimmy Jimi a dit…

Pour faire court, je préfère trop avoir plutôt que de manquer! Ce qui est certain, c'est que jamais je ne soustrairais un titre d'un album, d'abord par respect pour son créateur, ensuite parce que l'expérience m'a enseignée que ce que je n'avais pas aimé un jour je pourrais l'adorer le lendemain. Il y a des disques que j'écoutent très peu, mais que j'aime à retrouver quand le besoin s'en fait sentir.