jeudi 8 octobre 2015

WU LYF ~ Go Tell Fire To The Mountain [2011]

Et si l'on parlait d'un groupe (relativement) récent ? Jouer de la musique, aujourd’hui, quand on est jeune, et trouver sa place parmi tous ces anciens vénérés a de quoi être décourageant, non ? Comment faire pour croire qu’on peut changer le monde quand tant d’autres s’y sont cassés les dents ? Comment savoir que l’on est unique alors que tout semble avoir déjà été écrit ? La musique de Wu Lyf a la beauté de l'insouciance, la pureté des grands rêves les plus immaculés. Ce groupe regarde notre univers avec la certitude qu’il peut le changer, non pas à l’aide de révolution démagogique ou théorisée, mais par l’enthousiasme de chacun. Wu Lyf pour "World Unite! Lucifer Youth Foundation ». N’y voyez pas un quelconque message sataniste, plutôt quelque chose de plus subversif et qui s’attaquerait aux fondations mêmes de notre société en partant de l’intime pour explorer une autre voie, un rien anarchiste ou libertaire. Voilà le mot que je cherchais depuis le début. La musique de Wu Lyf a une beauté libertaire, parce que construite sur la nécessité de croire à des utopies. Vous savez, la beauté de celui qui se frappe la poitrine du poing en signe de défi à la terre entière. Avec eux, oubliez un instant l’esprit mercantile ou cette sagesse lucide qu’on acquiert au fil des années et osez croire qu’un groupe récent peut nous apporter quelque chose que nos glorieux anciens n’ont su nous donner, osez croire encore, dans un élan d’enthousiasme et d’insouciance,  qu’on peut changer intimement et en profondeur ce monde, en tout cas le temps des quarante-cinq minutes que dure ce disque aux vertus si libertaires.
Audrey SONGEVAL (Merci d'avance pour vos commentaires !)




01 - L y f  
02 - Cave Song     
03 - Such A Sad Puppy Dog
04 - Summas Bliss              
05 - We Bros
06 - Spitting Blood
07 - Dirt
08 - Concrete Gold
09 - 14 Crowns For Me & Your Friends
10 - Heavy Pop
MP3 (320 kbps) + artwork
Libertaires avec BM174


17 commentaires:

Jimmy Jimi a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Jimmy Jimi a dit…

Hello Audrey,
J'avais écouté quelques titres sur un blog "ami" (la Musique à papa). Ce matin, je me suis offert l'album entier. C'est étrange, ce type qui vitupère de tout son cœur (et encore, on sent qu'on l'a baissé au mixage), alors que le groupe tisse des mélodies plutôt proprettes (avec la rythmique très présente). On songe parfois à Eyeless In Gaza (mais en beaucoup moins original, hélas). Le gros souci (à mon oreille), c'est que ça manque cruellement de diversité, j'ai ressenti l'impression d'écouter toujours plus ou moins le même morceau. J'ignore ce qu'ils ont fait après, peut-être que l'ambiance a été en évoluant...

Chris a dit…

Le groupe s'est séparé je crois bien Jimmy... Je l'avais un peu écouté à sa sortie, quand le moment était bien choisi il passait très bien mais ça fait longtemps que je ne l'ai pas écouté... La voix du chanteur est impressionnante au début puis on s'y fait, je trouve...

Jimmy Jimi a dit…

Ce n'est pas la voix qui m'a dérangée, mais cette "tournerie" basse / batterie qui revient en boucle.

Audrey Songeval a dit…

@Chris: oui, j'ai découvert ça après avoir pondu mon texte.

@JJ : Je comprends ce que tu ressens. Et te dire que je n’ai pas eu moi-même cette impression la première fois serait te mentir. Mais je me rends compte que j’aime cet aspect de l’album, celui d’avoir comme un bloc monolithique. Oui, il s’agit du même son de guitare, du même son de batterie etc. tout du long de l’album. Mais il y a des albums dont c’est la force parce qu’ils jouent sur cette uniformité ou ce minimalisme. Et c’est le cas ici (et je suis sûr que tu en connais plein toi aussi). Ce sont des albums dont la force vient du tout plus que des chansons en elles-mêmes.

L’autre point que j’aime beaucoup, c’est cette émotion véhiculé dans la musique. Tu évoquais Eyeless in Gaza, c’est vrai que les registre des deux chanteurs peut se rapprocher. Ce que j’aime, c’est que ce groupe ne cherche être aussi bon que machin ou à sonner comme truc. Ils font de la musqieu comme ils sont sans chercher autre chose. Et ils y mettent leur cœur. Moi j’en ai un peu marre de tous ces groupes qui sonnent comme ;;; ou qui sont complètement revivaliste et dont Rock’n Folk fait l’éloge. Est-ce bien aujourd’hui de sonner aussi bon que le Motown de la grande époque ? De sonner aussi Garage que dans les sixties (le summum pour eux était l’utilisation de la pédale Fuzz pour être actuel et ça en devient ridicule) ? Il y a un paquet de bons groupes actuellement qu’on peut mettre dans cette catégorie.

Mais moi, j’ai envie qu’on me montre que le rock n’est pas que du recyclage et qu’on peut encore y croire. La beauté de Wu Lyf, c’est qu’ils y croient. Et moi, j’ai envie de croire avec eux. Et j’aurais envie de découvrir ce qu’avait ce groupe dans le ventre après cet album.

Alors oui, cette musique nous sert la même chose tout le long. Et curieusement, c’est pour ça que je l’aime, car bizarrement, je ne m’en lasse pas, là où au début, j’avais envie de ranger le disque dans une petite case pour l’oublier. Le cœur qui bat dans cette musique déborde trop de cette case. Et elle mérite certainement un peu plus qu’une écoute. Et peut-être que comme moi, tu découvriras que l’émotion qu’elle dégage ne s’éteint pas, curieusement, elle reste intacte.

Et c'est pourquoi j'avais envie d'y croire moi aussi, même si je sais que, comme à chaque fois qu'on écoute une nouveauté, qu'il y a plus de chance pour que le groupe reste petit que tout grand. Moi, j'avais envie de voir en Wu Lyf un futur grand d'aujourd'hui et non d'hier.

Jimmy Jimi a dit…

Ton commentaire m'a davantage touché que le disque. Le principal, c'est qu'il y ai de l'émotion qui se promène et il y en a eu sur ce post. Je suis d'accord avec toi sur le jeu d'influences qui tourne aujourd'hui: un peu de machin, une cuillère de truc, un verre de bidule n'ont jamais fait les bons disques. Quand j'ai envie d'écouter Clash (au hasard), j'écoute Clash en évitant les copieurs (même s'ils le font parfois avec passion). C'est vrai que ce groupe à un son bien à lui et c'est déjà beaucoup. Tu parles d'uniformité ou de minimalisme, moi j'y ai surtout entendu une monotonie s'installer assez vite. Peut-être qu'en grandissant, ils auraient été capable de davantage. Enfin, ils ont trouvé une vraie fan et c'est beaucoup mieux que rien. je crois que les Inrocks avaient beaucoup aimé, mais comme ils aiment tout...

Audrey Songeval a dit…

Jimmy, tu vas pas t'en sortir comme ça, il va falloir que tu le réecoute. La monotonie, c'est aussi une qualité pour moi. Tu veux des groupes qui ont fait des grands albums monotones? Metal Box. 17 secunds. Tout the Fall etc.

Everett W. Gilles a dit…

Bon ça y est, z'avez fini ? On peut en placer une ?..
Nah j'déconne, c'est un plaisir de vous lire.
J'ai écouté, méfiant au début, rassuré ensuite : comme prévu je suis pas fan !
Je comprends bien évidemment que ça plaise, je te suis pas trop sur ton truc jeune/vieux mais par contre je saisis bien dans tes propos l'accroche que peuvent générer ces mecs.
D'ailleurs (et ça m'emmerde de le préciser mais c'est absolument sans ironie aucune mais parce que j'aime bien l'histoire des gens) je me demandais si ces loustics faisaient autre chose que de la musique pour atteindre ces objectifs socio-subversifs dont tu parles.
Ah si, autre chose, y a du monotone chiant et du monotone hypnotique.
Histoire de relancer votre dialogue que je m'excuse encore d'avoir interrompu ...

Audrey Songeval a dit…

@Everett: en te lisant, je viens de me rendre compte que mon dernier message pouvait passer pour agressif. C'était plutôt du chambrage plein de mauvaise foi de ma part, faut pas le prendre au premier degré.

Anonyme a dit…


Tout est dit dans ce post, le respect pour la musique des anciens, le fait que la musique comme le temps ne s arreteront jamais. Il y aura toujours du nouveau. j es pere que nous ne tomberons pas dans le cliche que tout a deja ete fait (ce que, entre nous, je commence a penser quelque fois)mais bon je suis toujouts curieux, alors ca sauve! rebel aussi, donc libertaire :-)enfin!
Sinon il y a de l emotion aussi dans ce post. Cette emotion qui nous relie tous a cet amour de la musique que nous partageons, plus ou moins activement et periodiquement ensemble.
Concernant la musique de ce groupe, moi, j aime bien. le decalage entre la voix et la musique, la batterie et son rhytme afro, Il y a des consonances qui m ont fait penser a Alabama shake aussi. le premier morceau me rappelle quelque choe, un autre groupe, une ambiance que j ai deja vecue mais je n arrive pas a remettre la main dessus pour l instant
Merci Audrey pour le partage
Thierry

yggdralivre a dit…

en fait, j'ai lu Audrey avant d'écouter l'album...
et je me suis fait une fausse idée du dit album... une très jolie fausse idée par ailleurs.
je m'attendais à quelque chose de plus atmosphérique (comme le début de l'album par exemple).
forcément le décalage entre la musique et le chanteur m'a sauté dessus comme une troupe de parachutiste de la légion sur une chèvre dans un champ de mine.
et j'admets que c'est ce point qui m'a moins fait accrocher à l'ensemble du projet.
j'ai plutôt apprécié l'aspect "répétitif" des sons (et mêmes des mélodies)... après tout si on écoute les ramones, jj cale, doc watson... c'est toujours la même chose :)
et je suis assez sensible à l'aspect "ça ne ressemble pas à", pis comme j'écoute de la musique y'a longtemps que j'ai arrêté la presse rock ^^

tout ça pour dire, que je suis un peu happé mais pas trop (parce que l'impression que le chanteur s'était trompé de studio de répét' a eu du mal à me quitter, la bougresse)...
il faudra donc que j'y retourne.

Jimmy Jimi a dit…

Audrey,
Je garde (presque) tout, donc cet album n'est pas perdu et il aura certainement droit à une nouvelle chance un autre jour, à une autre heure, avec d'autres dispositions d'humeur.

Audrey Songeval a dit…

Bon, je n'aurais pas réussi à te le faire ôter de la boite "musique indie" lambda? J'aurais essayé...

Jimmy Jimi a dit…

Il faut toujours essayé (regarde, moi, avec Rod Stewart, j'y reviens tous les six mois, parce que ça me fait mal que des gens que j'apprécie ne partage pas mon amour!).
Je n'ai pas de boîte. Je reconnais "l'effort", mais ça ne m'a pas suffit.

Keith Michards a dit…

Groupe intéressant. Un mix des Stooges et des Doors !

nestor b a dit…

Moi j'ai bien plané pendant 47,3 minutes ! Mentions spéciales pour les titres 2, 9 et 10. C'est pas marqué la Post(e) Rock, mais ça sent bon l'introspection, la torture mentale à grands coups d'effets spéciaux guitaristiques. Bref, une jolie bande originale pour un joli film de genre. Genre quoi ? Genre sans étiquette.
Merci Audrey

Devant Hantoss a dit…

Bravo, si je me suis mis à réécouter cet album, pris à l'époque mais plongé dedans en 2013.
Ta chronique et les commentaires comme tout le monde te le dit pousse à placer son oreille et un peu son jugement histoire de revenir commenter.
Bon, je ne me souvenais plus de cette démarche que l'on trouve chez pas mal d'artiste electro: je ne suis rien, oubliez moi, écoutez la musique, pas de promo sur nos tronches. OK... Découvrant leurs musiques deux ans plus tard, cette démarche ne signifie plus rien pour moi.
La voix!! Mais c'est la voix qui débanalise les chansons, sans la voix on trouverait des chansons plutôt chouettes mais sans surprise.
Bon, dommage pour eux, je sens que moi ado, en plein trip Cure des débuts, Joy Division, j'aurai adhéré à cette voix écorché. Je pense qu'ils auraient trouvé leur public début 80.
Et puis, l'air de rine, ils ont ce côté épique que l'on trouvait dans les débuts de... Audrey te fâche pas, dans un titre comme "We Bros" j'imaginais bien les complainte de Bono, aurait pas dépareillé dans l'album "The Unforgettable Fire".
Bon, pour pas finir sur une note qui semble provocatrice, mais non, ne l'est pas... Je me laisse bien entraîné par cet album. Je ne regrette pas de m'y être arrêté.
Sans rancune (Sachez que j'aime U2)