mardi 28 octobre 2014

PAUL WELLER ~ More Modern Classic [2014]


Il existe un véritable mystère que les français ont bien du mal à comprendre. En effet, il est difficile d’imaginer à quel point une rock star comme Paul Weller puisse être à ce point populaire en son pays et aussi peu connu de l’autre côté de la Manche. Pour faire court, il pourrait être un équivalent de notre Jean-Jacques Goldman, en terme de notoriété et d’engagement politique, sauf que, vous l’aurez deviné, le sieur n'évolue pas dans la même division. Il œuvre tout en haut et tutoie les plus grands. De toutes les étoiles du rock, il est certainement celui qui a su le mieux naître et renaître. D’abord avec les Jam dans la fièvre du punk, puis dans une musique volontairement raffinée avec le Style Council (dans lequel, quoi qu’on en dise, il savait offrir de grandes chansons) et, enfin, en solitaire. C’est cette dernière incarnation qui nous intéresse ici. Avec l’explosion de la britpop, c’était toute une nouvelle génération qui redécouvrait cet icône. Et d’Oasis à Morissey, tous ont célébré son talent. Une véritable star intergénérationnelle. Un porte-parole respecté de tous. C’est ainsi qu’est né son statut de Modfather ou de Godfather. Contrairement à beaucoup, Paul Weller a toujours eu la classe et incarne le bon goût absolu. Si ce côté dandy à la Brian Ferry a pu agacer certains, les disques sont là. Et mise à part quelques rares baissent de régime, tous sont d’excellentes factures. Avec ce More modern classic, Weller se balade à travers son œuvre. Une œuvre pourtant très référencée, mais qui a su égaler voire surpasser ses paires. Son écriture est capable d’embrasser tous les style et de les fondre dans un songwriting exemplaire : de la soul, au courant mod, à la pop, au jazz, au psychédélisme, au rock. Et à l’écoute de cet opus, on se dit que c’est exactement ça que d’être un moderne classique. Un véritable Art d’être fidèle à soi-même en changeant sans rien changer. Rien que pour ça, c’est tout un mystère en soi.
Audrey SONGEVAL (Merci d'avance pour vos commentaires !)


01 - He's The Keeper
02 - Sweet Pea My Sweet Pea
03 - It’s Written In The Stars
04 - Wishing On A Star
05 - From The Floorboards Up
06 - Come On, Let’s Go
07 - Wild Blue Yonder
08 - Have You Made Up Your Mind
09 - Echoes Round The Sun
10 - All I Wanna Do (Is Be With You)
11 - Push It Along
12 - 22 Dreams
13 - No Tears To Cry
14 - Wake Up The Nation
15 - Fast Car , Slow Traffic
16 - Starlite
17 - That Dangerous Age
18 - When Your Garden’s Overgrown
19 - The Attic
20 - Flame-Out!
21 - Brand New Toy
MP3 (320 kbps) + artwork


12 commentaires:

Lt. Fontaine a dit…

Autant je connais bien (et apprécie) son travail avec les Jam, autant je méconnais grandement la suite de sa carrière - envers laquelle je n'ai aucun a-priori d'ailleurs. Une bonne occasion de découverte pour moi, donc.
Merci à toi, Audrey!

Jimmy Jimi a dit…

Hello Audrey,
Cela s'appelle évoluer (sans cesse) sans jamais renier son idéal - et c'est beau!
J'avoue que tu m'as foutu la trouille quand j'ai lu le nom de Goldman!

Audrey Songeval a dit…

Goldman, oui, j'ai hésité, mais je me suis dit qu'il fallait oser parler de lui ici!
Mais j'ai cherché une référence et je n'ai pas trouvé d'équivalent français. Si certains ont des idées...

J'ai toujours écouté le Style Council et les Jams, il n'y a que récemment que j'ai replongé dans l'oeuvre solo de Weller. Et vraiment, c'est un très GRAND!

Arewenotmen? a dit…

La comparaison avec Goldman nous fait cruellement sentir la marge de progression qu'il nous reste à franchir de ce côté ci du Channel... mais j'imagine qu'ils ont aussi leur lot d'inanités là-bas... difficile de dire à quel point Goldman m'aura toujours énervé...
Merci Audrey, je connais très peu l'oeuvre solo de ce monsieur, pour qui j'ai un très grand respect. C'est donc l'occasion !

Everett W. Gilles a dit…

Tu t'appelles Paul et ton nom commence par W ?
T'as la classe, ça s'explique pas.
Ce qui s'explique c'est son insuccès (relatif tout de même...) en dehors de chez lui : plus British que lui, à part Ray Davies (qui doit vivre aux US si ça se trouve) je vois pas.
Il paraît d'ailleurs que chez ces fameux British il en est plein qui ne savent pas qui est Johnny ...

Joe Fracas a dit…

Ouais. Pareil pour moi, je connais Paul Weller avec The jam (très grand groupe!) et avec Style Council mais après j'ai très peu suivi...

Anonyme a dit…

Curieusement surestimé, comme notre Goldman d'ailleurs, le bonhomme conserve néanmoins une base de fans apparemment.

Till a dit…

Mais que fait Gérard Lanvin sur la pochette ?

Rien à redire sur The Jam, par contre j'ai toujours eu une réaction épidermique avec Style Council. Jamais pu écouter ce truc.

Du coup la carrière solo de Gérard Weller, m'est passé loin au-dessus de la tête. Je peux commencer par la fin ? C'est pas contre-indiqué ?

Audrey Songeval a dit…

Les premiers albums solo n'étaient a priori pas des plus inspirés. Je connais surtout les derniers qui sont souvent brillants. En tout cas, je les aime beaucoup.

Devant Hantoss a dit…

Haaaa Till et la pop sucré (mais tolérant avec nos amis STranglers jusqu'à ? Always the sun?)
Je suis cet artiste depuis les Jam. Les Jam que j'écoute encore et davantage que les Clash, ses deux piliers qui sont passés de la musique énervée à une musique couvrant le spectre UK et ses influences. La SOUL aussi les amis.
Le STYLE et son revirement en production mais pas en écriture je trouve.
Le Weller tu l'as bien raconté, nous lui prêtons une classe issue quand même de la "classe" laborieuse, aura de prolo magnifique. Comme Brian Ferry, comme Lee Brillaux (ben oui, la classe aussi).
Tiens, tu me fais écouter son dernier album, comme j'ai du retard je ne l'avais que pour les vieux jours (ou 2016)
Goldman?! Mais oui, pour le prolifique dans l'écriture, pour la couleur locale.
Paul Weller n'a pas eu la chance - quoique chance? - d'écrire universel. Pas la touche celtique qui fait traverser. Une Soul tellement en abondance aux US que pour ça aucune chance.
Il me semble qu'il n'a pas tenté de conquérir l'Amérique, tant mieux. Je continue à avoir du mal avec cette démarche chez les Kinks, pour ce que cela a donné...
Merci, belle chronique éveillante

Anonyme a dit…

More Modern Classic est un disque merveilleux qui m'a fait redécouvrir le père Weller que, comme beaucoup, j'avais laissé tomber durant la période Style Council.

Tenez, en parlant de français (mais chantant en anglais, tout de même) j'ai découvert cela: http://docvinegar.bandcamp.com
Vous connaissez ?

Karl AceModrules Decaux a dit…

Je suis un grand fan. C'est vrai qu'il est parfois déroutant parce qu'il a exploré différents styles. Ses deux derniers albums sont assez expérimentaux. Mais la démarche est en tout cas d'une grande honnêteté. Un vrai songwriter