lundi 13 octobre 2014

Pour la beauté du geste (feuilleton électrique) par Jimmy Jimi # 71


71. OH, LES FILLES ! [Les Pingouins]

   7 heures du matin (une autre merveille chantée par la douce Jacqueline !) : Oscar demanda au chauffeur du cab de faire lentement le tour du centre ville avant de nous déposer à Victoria Station.
   « Un jour ou l'autre, me dit-il, alors que nous approchions de Piccadilly Circus, on se laisse tous gagner par un peu de nostalgie ou de mélancolie... Seulement, là, mon ami Jimmy, tu lâches de si mauvaises ondes que ça en devient délicat pour le nez ! Tu devrais éviter de t'abandonner dans la tristesse. Il faut t'imaginer Londres comme tes fichus disques auxquels je comprends rien. Quand tu écoutes une dernière chanson avant d'aller au lycée, ça te donne pas envie de pleurnicher ; au contraire, tu fredonnes la mélodie jusqu'à la porte d'entrée, et ça t'offre de la force pour toute la journée. Ici, tu as appris plein de beaux et nouveaux refrains, il me semble qu'il faudrait éviter de chouiner dessus – sauf si tu veux devenir chanteur de blues ! Remplis-toi les yeux et le cœur une fois encore au lieu de suer cette vilaine colère qui empoisonne tout le taxi !
   – Je suis pas sur d'être triste ou en colère, c'est juste que je sais pas quoi faire de toutes mes émotions... »
   Oscar chercha un instant quelle jolie réponse il pourrait m'apporter, mais nous arrivâmes à Victoria, et l'habituel brouhaha des gares mangea nos pensées. Sur un tableau d'affichage, le nom de Margate ne fit qu'une lampée de mon brouillard intime : je quittais la capitale du monde pour retrouver le centre de l'univers, j'étais beaucoup moins à plaindre que cette pauvre Jacqueline qui avait du regagner directement Paris après son séjour londonien. T'en qu'il y a de l'envie, y 'a de l'espoir ! Et j'avais envie de revoir la mer, de retrouver ma nouvelle bande de copains, d'entendre le cri des filles quand le D.J. lançait le tube qu'elles attendaient...

   Aussitôt que le mot fille tomba sur le tapis volant de mon imagination débridée, il me brûla la cervelle tel un solo incendiaire ; je me projetai sur Margate et arrivai en ville bien avant que le train n'atteigne sa destination ! J'avais hâte de retrouver ces corps ondulants sous l'énorme boule à facette de la Frog Legs'. Presque toutes les filles étaient un peu trop parfumées, un peu trop maquillées, un peu trop habillées dans ce désir pressé d'être déjà des femmes, mais elles nous rendaient tous beaucoup trop dingues ! Il n'y a que sur un point qu'elles souhaitaient s'attarder : elles voulaient rejouer encore le I want to hold your hand des Beatles, alors que les garçons crevaient de passer au I just want to make love to you des Stones (via ce bon vieux Muddy), si vous voyez où je veux en venir – et je suis certain que vous voyez !

   Certains jours, je saurais parfaitement m’accommoder des flirts joyeusement baveux échangés entre deux slows comme des promenades sentimentales sur les pelouses détrempées des parcs ; alors qu'à d'autres moments, une forme de désespérance n'hésiterait pas à me gagner à l'idée cruelle d'entrer en seconde avec la même vilaine tête de puceau ! 

                

22 commentaires:

Keith Michards a dit…

Bah nâ, je vois pas où tu veux en venir !!!!!
Au fait, c'est quoi une vilaine tête de puceau ?????

Till a dit…

La vie de Jimmy Koule mais c'est loin d'être un long fleuve tranquille.

J'ai une requête à t'adresser, je t'en parle par mail.

Everett W. Gilles a dit…

Tu t'en souviens, dès le début je t'ai dit de te méfier des gonzesses. Visiblement JK tu n'écoutes rien. Faudra pas venir pleurer après...

Jimmy Jimi a dit…

Merci pour vos messages. Je me demande s'il restera encore un commentateur au dernier épisode!

Sadaya a dit…

Oh oh! Je repasse, je reviens, pas le temps de lire maintenant!

Audrey Songeval a dit…

Et les filles, qu'est-ce que tu crois qu'elles pensaient des garçons qui voulaient que "I want to make love to you"? et mamais "hold rour hand"?
Et nous, si on vous avait mis le I want to make love to you par Etta James, je suis sûre que vous auriez tous détaler comme des lapins! Ou alors on aurait passé par une couche-toi là...
Le rock est éminemment macho. Et ne s'encombre pas trop de ce que ce genre de chose peut faire à nos petits ventres...
Un petit chapitre avec some girls are bigger than other?

Arewenotmen? a dit…

Cet épisode londonien restera certainement comme l'un des plus beaux et des plus émouvants de la saga de Jimi Koule...

funkyrocky a dit…

Pour "I just want to make love to you", moi je m'arrête à Muddy avec cet harmonica qui souffle tellement fort qu'il soulèverai n'importe quelle jupe à 100km.
Sinon, Jimmy Koule, avant de te frotter aux filles, va rencontrer quelques dames. Il y a une chanson qui s'appelle "I need a sugar in my bowl" qui peut gratter ce qu'il faut chatouiller chez tes copines, c'est dans le rayon jazz vocal.
En attendant, je te recommande une autre cover des Stones qui se nomme "good time".

Jimmy Jimi a dit…

Hello Audrey,
Il n'y a pas que le rock qui soit macho, le monde entier l'est. J'espère avoir mis suffisamment de second degré et d'humour dans ce chapitre pour échapper à cette humiliante désignation.

Hi Arewenotmen?,
Ce n'est pas certain. A mon avis, le meilleur est à venir...

Ola Funkyrocky,
Dans le domaine, il n'y a que l'embarras du choix...

Audrey Songeval a dit…

Mon commentaire était plus taquin que sérieux, je te rassure.

Devant Hantoss a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Devant Hantoss a dit…

je suis en déplacement sans facilité d'internet. Je suis au boulot, en réunion et je détourne ma connexion pour te dire que je pense lire la suite tardivement

Jimmy Jimi a dit…

Hello Audrey,
Il n'y pas de soucis, tu m'as même offert là l'intro du prochain chapitre!

Hi Devant,
ça me fait très plaisir que tu fasses l'effort de m'envoyer pareil message.

Devant Hantoss a dit…

Et moi ça me fait plaisir de te faire plaisir mais pas que... Puisque j'aime suivre ce nouveau format finalement, un feuilletonesque moderne.Plus ça va moins je pense qu'une compilation en un seul recueil aurait du sens.
Pour revenir à la réaction de Audrey et à ta réponse, j'ai eu une autre émotion, tout est dans la conclusion du chapitre. Il y a toute la bravache et le tourment qui remuent les neurones de l'ado qui cogite, ce qui peut expliquer l'attitude macho premier degré des ado que nous - je corrige - je fus.
Allez, du coup, le second degré n'a pas sa place et c'est seulement maintenant (maintenant dans le sens des dizaines d'années plus tard) que je peux mieux comprendre la réaction de Audrey. maintenant c'est plus facile... Mais ado...
Je l'ai relu cette conclusion.
(La wifi fonctionne à l'hôtel, yeahhh)

Jimmy Jimi a dit…

Hi Devant,
T'es dur, là, j'espère bien que la lecture dans son intégralité gardera tout son sens.
Etre macho, c'est ne pas respecter l'autre; on peut avoir envie de traverser le miroir (voir prochain chapitre) tout en ne prenant pas sa partenaire pour un paquet de viande...

Audrey Songeval a dit…

En fait, ce n'est pas forcément le texte qui est macho, mais il met effectivement bien en valeur ce qui ne préoccupe pas (trop) les garçons. Et encore moi le chanteur de type sex, drug and rock'n roll... En filigrane, on retrouve cette attitude également dans rock and folk etc.
Encore une fois, je fais bien la différence entre Jimmy Koule, Jimmy Jimi et la mythologie rock autour des rapports garçons/filles (ou hommes et femmes).

Devant Hantoss a dit…

Hey Jimmy. Non je ne suis pas dur mais je me suis forcément fait mal comprendre. Je ne suis pas éditeur ni correcteur, je marche à l'instinct: quand tu assembleras le tout tu modifieras un peu le texte mais surtout je pense que tu y ajoutera des parties que tu ne pourrais pas mettre en feuilleton ici, le format étant court, tu dois à chaque texte placer au moins une idée forte plus quelques images éclairantes. Dans une continuité je pense que tu pourras ajouter des moments plus faibles isolés mais faisant du liant dans une histoire: Jimmy qui se lève le matin et son petit déjeuner, Jimmy qui passe un coup de fil en France ou bien qui écrit une carte postal.
Moi, ce que je voulais dire en parlant d'attendre l'épisode c'est qu'en tant que lecteur je savais m'attendre à quelques idées sur lesquelles nous allions échanger. Ce qui n'est pas une nécessité à chaque page d'un bouquin.
Voilà, c'était juste ça.
Sur la chapitre macho, je tenais à replacer ce comportement dans le contexte de ton histoire: De la part d'un ado qui n'a pas connu encore de relation sexuelle avec un/une partenaire privilégié(e)- une histoire d'amour quoi - l'attitude "machiste" n'est pas encore partie prenante de la personnalité. Juste - parfois? - une position malhabile devant l'inconu(e).
En écrivant cela, ha ha ha, je tente de me racheter de comportements qui manquaient de "hold my hand"

Jimmy Jimi a dit…

Je ferai forcément de petites retouches à la relecture, mais je garderai la forme; ça ne sert à rien d'allonger un texte quand tout ce qu'on souhaite exprimer est déjà sur la page.
Pour le machisme, j'espère que tu aimeras mon prochain développement.

Devant Hantoss a dit…

Conserver la forme? Pourquoi pas. Tout en ellipse alors, fondu enchaîné... Je vais le faire de mon côté ... ha zut. Je peux pas, pas assez de matière. J'aurai dû les copier coller. J'ai l'air d'insister mais le principe m'amuse et même davantage...

Jimmy Jimi a dit…

Non, même pas d'enchaînement, ça peut très bien demeurer en l'état: Richard Brautigan l'a prouvé sur plusieurs romans.

Devant Hantoss a dit…

Richard Brautigan!!! Houuu le souvenir diffus confus que tu me remontes du fond de ma mémoire reptilienne. "Un privé.." je l'avais adoré, c'est le seul souvenir qui m'en reste. Tu m'intrigues, pour le coup... Je pense rafraîchir cette mémoire. Encore merci? Oui! Merci!! Mais faut pas que j'oublie, vite un post-it

Jimmy Jimi a dit…

"Un Privé à Babylon" (génial, évidemment) ne fait pas parti des romans avec les chapitres très courts, mais tu trouveras quasiment tout en 10/18 pour quelques malheureux euros.